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Bulletin Quotidien Europe N° 11164
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

Auditions, ultimes tractations & clarifications avant le grand oral

Bruxelles, 26/09/2014 (Agence Europe) - Les eurodéputés entameront, lundi 29 septembre, les auditions des 27 commissaires désignés qui dureront jusqu'au 7 octobre.

Exercice de trois heures, animé autour de 45 questions, en plus des questions écrites auxquelles les candidats avaient jusqu'à vendredi 26 septembre pour répondre, l'évaluation du PE vise à tester tant les aptitudes des candidats que les ambitions qu'ils ont pour leur portefeuille. Mais si cette évaluation se veut impartiale, cela n'a toutefois pas empêché les tractations de dernière minute. Leader du groupe S&D au PE, l'Italien Gianni Pittella a ainsi indiqué, vendredi, avoir rencontré plusieurs fois au cours des dernières 48 heures le futur président de la Commission européenne et obtenu de Jean-Claude Juncker, dans la perspective des auditions, des résultats et des promesses.

Le groupe S&D a notamment obtenu des engagements de M. Juncker en matière de fourniture d'« argent frais » pour le plan d'investissement de 330 milliards d'euros que pilotera le Finlandais Jyrki Katainen. « Nous avons également obtenu une promesse de M. Juncker privant Lord Hill de la responsabilité de superviser les salaires du secteur financier et un engagement quant à la poursuite de la réforme du secteur financier », a poursuivi M. Pittella qui souhaite toutefois que soient précisées encore, à l'occasion de ces auditions, les attributions des vice-présidents et leur coordination avec les commissaires, éléments sur lesquels d'autres groupes ont aussi demandé des clarifications. Malgré ces promesses et assurances, M. Pittella a assuré que son groupe maintiendrait un haut niveau d'exigences sur les qualités des commissaires auditionnés.

À ce jour, 4 à 5 candidats déclenchent les passions, dont trois sont issus du groupe PPE. Il s'agit de l'Espagnol Miguel Arias Cañete, mis en difficulté sur ses liens avec l'industrie pétrolière alors qu'il a été affecté au Climat et à l'Énergie, du Hongrois Tibor Navracics, proche de Viktor Orbán et nommé commissaire à la Citoyenneté européenne, et de l'Irlandais Phil Hogan, nommé à l'Agriculture. Ce dernier avait un temps été cité dans une affaire de frais de consultance puis a été visé récemment par Nessa Childers (S&D, irlandaise), faisant remonter à la surface des agissements du ministre quelque peu discriminatoires pour les gens du voyage. Des affirmations qui valent d'ailleurs à la députée une menace d'attaque en diffamation de la part du commissaire désigné irlandais… Est-ce à dire que ces trois candidats ne passeront pas le seuil des auditions ? Difficile à dire à ce jour, les intentions de part et d'autre restant très floues. « Les chefs de groupes ne semblent pas vouloir faire trop de vagues », a expliqué une source d'un groupe politique à EUROPE, pour qui un accident pourrait se traduire par un changement de portefeuille plutôt que de candidat.

Logique de grande coalition

Un autre élément est également à prendre en compte: les 'représailles' que le groupe PPE pourrait mettre en oeuvre en cas de refus de l'un de ses candidats. Les commissaires 'symboles' des autres groupes politiques pourraient alors être visés. Chez les sociaux-démocrates, le Français Pierre Moscovici, nommé au puissant portefeuille des Affaires économiques et financières (voir autre nouvelle), pourrait dans ce contexte être une cible idéale, confiait il y a quelques jours à Strasbourg un eurodéputé du PPE, rappelant la logique de 'grande coalition' qui lie les deux principales familles du PE. Du côté de l'ADLE aussi, l'on s'interroge sur le sort d'une des candidates, en l'occurrence la Slovène Alenka Bratusek, désignée vice-présidente à l'Union de l'énergie et mise en difficulté dans son pays quant au fait qu'elle s'est auto-désignée future commissaire lorsqu'elle était Premier ministre. « C'est de plus en plus chaud », confie une source mais, fait-on remarquer, « Jyrki Katainen aussi s'est auto-désigné ». Par une décision de son gouvernement, le 18 juin, l'ex-Premier ministre finlandais avait été nommé commissaire, cédant sa place à son ministre des Affaires étrangères, Alexander Stubb. Enfin, le conservateur britannique Lord Hill doit s'attendre à une audition musclée, certaines fractions du PE comme les Verts/ALE n'ayant pas digéré sa nomination aux Services financiers.

Les auditions débuteront lundi 29 septembre après-midi avec l'audition de Cecilia Malmström nommée au Commerce et se termineront le 7 octobre avec celle de Frans Timmermans, premier vice-président en charge de l'amélioration de la réglementation et du respect de la Charte des droits fondamentaux qui sera d'ailleurs auditionné en format conférence des présidents de groupes du PE.

En plus des questions écrites, auxquelles les commissaires désignés devaient répondre, 45 questions orales leur seront posées, dont 11 pour le PPE, 10 pour le S&D, 5 pour le CRE, 5 pour l'ADLE, 4 pour la GUE, 4 pour les Verts, 4 pour l'EFD et 2 pour les NI. Les premières évaluations des auditions seront dressées le 8 octobre par les commissions concernées puis, le 9 octobre, en conférence des présidents de groupe du PE qui analysera les évaluations reçues. Si tout va bien, le PE espère voter l'investiture de la Commission 'Juncker' le 22 octobre prochain. (SP avec CG)

 

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