Bruxelles, 26/09/2014 (Agence Europe) - Comment nourrir la planète ? C'est sur cette question, qui sera également au coeur de l'exposition universelle de Milan en 2015, que les ministres de l'Agriculture des pays de l'UE auront un échange de vues mardi 30 septembre à Milan. Lors de cette réunion informelle, les ministres évoqueront aussi les mesures à prendre pour limiter l'impact de l'embargo russe sur les producteurs de l'UE.
Les ministres européens de l'Agriculture, réunis du dimanche 28 au mardi 30 septembre, sont invités par la Présidence italienne du Conseil de l'UE à débattre des moyens pour l'agriculture européenne de contribuer au défi de la sécurité alimentaire mondiale.
Trois grandes questions ont été soumises aux ministres: 1) quels ont été jusqu'à présent les principaux défis pour la sécurité alimentaire au niveau mondial et au niveau de l'UE ? Resteront-ils les mêmes au-delà de 2020 ou de nouveaux défis vont-ils émerger ? 2) quels sont les instruments existants qui se sont révélés efficaces pour relever ces défis ? La politique agricole commune est-elle appropriée pour aborder la question de la sécurité alimentaire ? 3) que faut-il faire au niveau de l'UE et au niveau mondial en termes de futurs instruments politiques pour relever les défis de la planète et quel calendrier retenir pour prendre les mesures qui doivent être mises en place après 2020 ?
L'UE est actuellement un exportateur net de produits agricoles, en particulier des produits transformés qui représentent les deux tiers du total européen. Ces exportations ont atteint 120 milliards d'euros en 2013. Cependant, dans le même temps, l'UE reste le premier importateur de produits agricoles dans le monde, rappelle l'Italie dans le document transmis aux délégations pour préparer ce Conseil informel. La PAC s'est révélée un outil très efficace pour répondre au défi alimentaire en Europe. Au niveau mondial, l'agenda politique entre la définition des objectifs de développement post-millénaire et les suites de la Conférence de Rio sur le développement durable ouvrent une fenêtre d'opportunité pour assurer la sécurité alimentaire au niveau mondial, souligne la présidence italienne. Mais cela nécessitera des efforts importants au cours des mois et années à venir, à commencer par l'inclusion de l'agriculture et de la sécurité alimentaire parmi les objectifs prioritaires pour l'après-2015. L'Italie attend donc de l'UE qu'elle fasse preuve de cohérence et de coordination dans la mise en place de ses différentes politiques en vue d'assurer la sécurité alimentaire dans tous ses aspects de manière efficiente et efficace, tant au niveau mondial qu'au sein de l'UE.
Embargo russe
Les ministres de l'Agriculture pourraient évoquer la question des aides compensatoires qui pourraient être versées directement aux exploitations les plus touchées par l'embargo. Si les États membres semblent plutôt favorables à un tel dispositif, la question reste de savoir où puiser les fonds. Aucune décision sur ce point ne devrait être prise avant le Conseil Agriculture du 13 octobre à Luxembourg. Mais les abus observés dans les programmes d'aides d'urgence pour les fruits et légumes et le lait ne vont pas faciliter la mise en place de ces soutiens.
Après celui des fruits et légumes, c'est le régime d'aide d'urgence au stockage privé pour les fromages qui a été suspendu par la Commission européenne à cause de demandes disproportionnées venant d'Italie (EUROPE 11162). Les aides au stockage de beurre et de poudre de lait écrémé restent en place. Et un nouveau programme plus ciblé (de 125 millions €) pour les fruits et légumes va entrer en vigueur.
Fruits et légumes
Le nouveau programme, qui doit encore être adopté, couvrira quatre groupes de productions: les pommes et poires, les agrumes (oranges, clémentines, mandarines), les légumes (tomates, carottes, poivrons, concombres et cornichons) et les autres fruits (kiwis, prunes, raisins de table). Les brocolis et choux-fleurs, dont la période de récolte est passée, n'en font plus partie. Des volumes pouvant être retirés du marché (distribution gratuite, récolte en vert, compostage…) pour chacun de ces groupes ont été alloués à douze États membres sur la base des exportations moyennes des trois dernières années: 94 600 t pour l'Espagne, 77 270 t pour l'Italie, 59 430 t pour la Belgique (principalement des poires), 45 075 t pour la Grèce, 31 050 t pour la France, 29 000 t pour les Pays-Bas, 18 750 t pour la Pologne (uniquement des pommes et des poires), 16 220 t pour Chypre (uniquement des agrumes), 13 100 t (uniquement des pommes et des poires) pour l'Allemagne, 8 950 t pour la Croatie, 4 345 t pour le Portugal et 1 295 t pour la Hongrie. En plus de ces volumes, une réserve de 3 000 t sera allouée à chaque État membre notamment pour venir en aide à des productions qui ne seraient pas couvertes par le règlement (comme les artichauts par exemple dont les producteurs sont en grande difficulté en France). (LC)