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Bulletin Quotidien Europe N° 11148
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Un plan de paix et un cessez-le-feu espérés le 5 septembre

Bruxelles, 04/09/2014 (Agence Europe) - Tandis que les travaux en vue de sanctions renforcées de l'UE contre la Russie se poursuivaient à Bruxelles et dans les capitales européennes, jeudi 4 septembre, l'espoir d'un cessez-le-feu entre l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes, en cas d'accord le 5 septembre sur un plan de règlement du conflit en Ukraine orientale proposé par le président russe, Vladimir Poutine, était permis.

À l'heure où nous mettions sous presse jeudi en fin d'après-midi, les dirigeants séparatistes prorusses des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, dans l'est ukrainien, se disaient prêts à ordonner un cessez-le-feu en cas d'accord sur un plan de paix lors de la réunion du 'groupe de contact', composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE, vendredi 5 septembre à Minsk (Belarus).

Plus tôt dans l'après-midi, le président ukrainien, Petro Porochenko, avait annoncé, en marge du sommet de l'OTAN à Newport, qu'un document prévoyant les étapes de la mise en oeuvre d'un plan de paix pour l'Ukraine, dont la disposition clé est un cessez-le-feu, devrait être signé vendredi à Minsk. Mercredi, les présidents russe et ukrainien se sont entendus, par téléphone, pour une sortie de crise. En voyage en Mongolie mercredi 3 septembre, le président Poutine a proposé un plan de paix en sept points prévoyant, outre un arrêt des hostilités placé sous surveillance internationale, l'exclusion du recours à l'aviation, un échange de prisonniers selon la formule « tous contre tous » et « sans condition », et l'ouverture de couloirs humanitaires.

De son côté, l'UE poursuivait jeudi ses travaux préparatoires en vue de sanctions renforcées contre la Russie. Les experts des États membres continuaient d'examiner les propositions adoptées la veille par la Commission et transmises aux ambassadeurs des Vingt-huit, visant à compléter le train de mesures restrictives adoptées par l'UE le 31 juillet, concernant l'accès aux marchés de capitaux, la défense, les biens à double usage et les technologies sensibles. « C'est entre les mains des États membres. C'est à eux de discuter et d'aller de l'avant. Lorsqu'elles seront adoptées par les États membres, ces propositions seront rendues publiques par les voies normales », précisait la porte-parole de la Commission, à la mi-journée. « Les experts des États membres utilisent tous les moyens sécurisés à disposition pour bien communiquer et ficeler le paquet dans le délai imparti. Normalement, les mesures de restriction sont adoptées à l'unanimité et nous n'avons pas d'indice permettant de penser que cela va se passer différemment », ajoutait la porte-parole de la Haute Représentante de l'UE, Catherine Ashton.

Selon un document dont la teneur était révélée par le journal Le Monde du 5 septembre, la Commission propose d'approfondir les sanctions déjà prises par l'UE fin juillet plutôt que d'explorer des restrictions dans d'autres secteurs. L'idée étant de rendre leur mise en oeuvre plus rapide et de rendre les sanctions décidées en juillet plus efficaces. Concernant l'accès aux marchés financiers, la Commission suggère d'aller plus loin que la seule restriction de l'accès aux marchés de capitaux occidentaux (actions et obligations) pour les banques d'État russe, en interdisant à des ressortissants de l'UE de participer à des prêts syndiqués aux grandes banques d'État russes. L'exécutif européen envisage surtout d'interdire le financement sur les marchés financiers européens des sociétés de défense et des compagnies pétrolières russes dans lesquelles l'État russe a une participation. Gazprom et Rosneft seraient directement touchés. La Commission suggère l'interdiction de l'exportation de biens à usage double (civil et militaire), tels que certains superordinateurs ou des technologies de cryptage des communications, ou la signature de contrats de services dans l'exploration pétrolière.

La Commission suggère aussi une action coordonnée au sein du G7 et au-delà pour recommander la suspension de la participation de la Russie à de grands événements culturels, économiques ou sportifs (courses de Formule 1, compétitions de football de l'UEFA, Coupe du monde 2018 qui doit avoir lieu en Russie).

Par ailleurs, le document de la Commission ne mentionne pas les livraisons prévues de navires de guerre Mistral par la France à la Russie, et dont Paris a décidé de suspendre la livraison du premier bâtiment, prévue en octobre. « Les conditions pour [cette] livraison sont un cessez-le-feu appliqué et un accord mettant fin aux conflits entre Ukrainiens et Russes », a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

Gaz russe, M. Oettinger n'exclut plus le scénario du pire. Le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, qui mène une médiation pour résoudre le différend gazier entre la Russie et l'Ukraine, est désormais moins confiant qu'avant l'été, concernant la sécurité de l'approvisionnement de l'UE en gaz russe, dont la moitié transite par l'Ukraine. « Que M. Poutine ait eu recours aux fausses informations, aux mensonges et aux armes, cela est allé au-delà de ce que je pouvais imaginer. C'est pourquoi je n'exclus plus les scénarios du pire », s'est-il alarmé, mardi 2 septembre. Un de ces scénarios serait une jonction entre les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine avec ceux de Crimée, annexée par la Russie en mars, et au-delà, avec la Transnistrie, région séparatiste russophone de Moldavie voisine, qui couperait alors l'Ukraine de la mer Noire. (EH)

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