Bruxelles, 04/09/2014 (Agence Europe) - Dans un rapport publié mercredi 3 septembre, la Cour des comptes européenne salue la qualité « généralement bonne » des infrastructures des incubateurs cofinancés par l'UE, mais elle pointe du doigt leur « modeste » performance en matière de soutien offert aux start-ups clientes.
L'évaluation par l'auditeur externe de l'UE de la contribution du Fonds européen de développement régional (FEDER) au développement de pépinières de start-ups constate qu'un apport financier important a été alloué à la création de structures d'incubation d'entreprises, en particulier dans les États membres où ce type d'aide aux entreprises est relativement rare. En revanche, la Cour des comptes juge « modeste » la performance des pépinières auditées. « Nous estimons que la fourniture de services d'incubation et son incidence sur l'économie locale en général ont été relativement limitées en raison de contraintes financières et du niveau modeste des activités d'incubation. Cette situation était due pour l'essentiel à un manque d'expertise des États membres et des responsables des pépinières concernant les pratiques d'incubation. De plus, les systèmes de gestion présentaient des insuffisances », commente le responsable du rapport, Henri Grethen.
Ces résultats décevants peuvent s'expliquer par une mise en oeuvre insuffisante des bonnes pratiques, indique la Cour. Plus spécifiquement, trop peu d'attention a été portée, lors de la création des incubateurs, à l'efficacité de leurs fonctions de soutien aux entreprises. En outre, les services d'incubation n'étaient que vaguement liés aux objectifs opérationnels des clients. Autre lacune: les systèmes de suivi internes des pépinières ne permettaient pas d'obtenir des informations de gestion appropriées. Enfin, la pérennité financière des pépinières était en conflit avec l'objectif consistant à fournir des services d'incubation appropriés.
L'auditeur externe de l'UE constate aussi que, au niveau des États membres, les systèmes de gestion n'accordaient pas une attention suffisante à l'activité opérationnelle des pépinières de start-ups. En particulier, la procédure de sélection des pépinières en vue d'un cofinancement n'a pas tenu suffisamment compte de plusieurs aspects critiques pour les activités d'incubation, tels que la qualification du personnel, l'étendue et l'utilité des services d'incubation et la pérennité financière. Enfin, la Commission n'a pas pris suffisamment de mesures pour faciliter l'échange de connaissances et de bonnes pratiques, juge la Cour des comptes, dont le rapport spécial n°7/2014 est assorti d'une série de recommandations à la Commission. (EH)