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Bulletin Quotidien Europe N° 11148
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) antitrust

Affaire Google, les plaignants font front commun

Bruxelles, 04/09/2014 (Agence Europe) - Plusieurs entreprises plaignantes dans le dossier Google, le géant américain accusé d'abus de position dominante, ont décidé de faire front commun et d'afficher une tonalité cohérente dans les reproches qu'elles adressent chacune à la Commission européenne dans la gestion de cette affaire (EUROPE 11123). Manque de transparence, différence de traitement entre Google et les plaignants, arguments facilement démontables et n'étant étayés par aucun document, telles sont les positions qu'elles ont défendues devant la presse, jeudi 4 septembre à Bruxelles.

La troisième série d'engagements proposés par Google « essaie seulement de mitiger certains effets de ses comportements anti-compétitifs », a déploré Thomas Höppner, qui représente un certain nombre de plaignants dans cette affaire, notamment les éditeurs de presse allemands. Christoph Kellner, de l'association ETTSA, considère, quant à lui, qu'il « n'y a pas de différence significative d'efficacité entre la seconde et la troisième série de concessions » que le commissaire chargé de la politique de concurrence, l'Espagnol Joaquin Almunia, avait jugée inacceptable lorsque Google les avait présentées. L'avocat américain Gary Reback, que l'on surnomme le 'bulldog de l'antitrust', a fait part de son étonnement concernant l'absence de document et d'étude de la Commission pour soutenir ses arguments. « Il n'y avait littéralement aucun document, ou juste un et totalement impertinent, rien sur quoi s'appuyer », a-t-il déclaré. Des arguments peu documentés que les plaignants n'ont découvert qu'en juin, lorsqu'ils ont commencé à recevoir les lettres préalables au rejet de leur plainte. Shivaun Raff, PDG de Foundem, comparateur de prix en ligne, a évoqué une transparence « unilatérale » dans cette affaire où Google a accès aux arguments des plaignants sans vice-versa. Un avantage qui a permis à Google de fournir des « propositions et des arguments trompeurs », a-t-elle ajouté.

M. Reback s'est attaché à démontrer comment les propositions de Google feront grimper les prix pour les consommateurs et les annonceurs plutôt que s'attaquer aux impacts négatifs des comportements abusifs du géant américain. Il a expliqué que Google avait opéré des modifications dans l'affichage de ses résultats spécialisés et commerciaux après avoir soumis chacune des séries d'engagements pour que l'accord ne s'applique plus à la plupart de ses pratiques. Jean-Yves Art et David Wood, respectivement avocat général associé à Microsoft et conseiller juridique d'ICOMP, ont estimé que la Commission devait regarder le dossier Google à la lumière de l'arrêt de la Cour, cet été, sur Intel (EUROPE 11099).

Le même jour, les éditeurs de presse européens ont appelé, dans un communiqué conjoint, la Commission à rejeter les engagements de Google. À noter également que seules 18 des 20 entreprises plaignantes ont répondu aux lettres de la Commission. (EL)

 

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