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Bulletin Quotidien Europe N° 11148
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) aide humanitaire

Les députés appellent à un budget à la hauteur des besoins

Bruxelles, 04/09/2014 (Agence Europe) - La multiplicité et l'ampleur des crises humanitaires concomitantes dans le monde ainsi que l'indigence du budget humanitaire de l'UE entravant une réponse adéquate de l'UE préoccupent les députés membres de la commission du développement du Parlement européen que préside Linda McAvan (S&D, britannique). D'où l'appel qu'ils ont lancé, mercredi 3 septembre à Bruxelles, lors de leur réunion de rentrée, pour que soient immédiatement débloqués 250 millions d'euros supplémentaires requis cette année pour faire face aux besoins. Cette exigence a été formulée à l'occasion d'un échange de vues sur les crises humanitaires, et en particulier celle de Gaza.

« Nous avons passé un bon été. Mais de nombreuses personnes n'ont pas passé un bon été à Gaza, en Irak, en Syrie, dans les pays touchés par l'Ebola. Nous avons une certaine responsabilité, mais nous ne pouvons pas tout faire ; mais en matière d'aide humanitaire, nous avons une responsabilité: nous devons fournir cette aide rapidement, sur le terrain », a déclaré Mme McAvan. Et d'ajouter: « Le Conseil doit montrer son véritable engagement en faveur de l'aide humanitaire dans son approche du budget. Il doit immédiatement approuver le supplément de 250 millions d'euros dont on a besoin cette année et non pas constituer un obstacle au financement de l'aide aux réfugiés et aux populations qui ont cruellement besoin de nourriture, d'eau, d'abris et de soins médicaux ».

Jean-Louis de Brouwer, directeur des opérations à la DG ECHO (Aide humanitaire et protection civile) de la Commission européenne, a estimé, quant à lui que « les procédures financières devraient être révisées afin de mieux répondre aux crises émergentes et en cours ».

« Nous avons eu un été difficile. Mes collègues les plus anciens me disent qu'ils n'ont jamais connu une période autant marquée par des crises de grande ampleur que celles que nous avons traversées et traversons encore. Toutes ces crises sont d'origine humaine. L'épidémie d'Ebola est d'origine naturelle, mais son ampleur tient pour beaucoup à l'absence de réaction, à l'absence de gestion en temps réel lors des premières phases de déclenchement de cette crise qui est en train de devenir une épidémie majeure », a-t-il fait observer.

Matthias Burchard, de l'UNWRA (Office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine), a dressé un tableau consternant de la situation à Gaza « qui était déjà dramatique avant la crise: 830 000 réfugiés dépendent de l'aide de l'UNRWA, 1 million de personnes sur 1,6 million d'habitants dépendent de l'aide internationale pour leur survie, 90% de l'eau n'est pas potable, des milliers de foyers ont été frappés. Il y a eu 11 230 blessés, parfois handicapés à vie. Nous sommes encore présents dans 31 écoles où nous abritons 60 000 personnes. Les infrastructures routières, électriques, d'approvisionnement en eau, les hôpitaux, tout doit être réparé », a-t-il déclaré. Il a chiffré à environ 800 millions d'euros la somme nécessaire pour reconstruire. « Et l'on aura besoin de 280 millions d'euros d'ici à la fin de l'année », a-t-il précisé.

Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises, a réitéré que seule la volonté politique permettra de résoudre des crises humanitaires aussi graves et dangereuses que celles actuellement en cours en Syrie, en République centrafricaine, au Soudan du Sud. Mais elle a insisté sur le fait que « l'aide humanitaire peut sauver des vies » et fait valoir que les pays dont le PIB augmente devraient accroître leur aide humanitaire. (AN)

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