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Bulletin Quotidien Europe N° 11148
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

L'opération 'Triton' concentrée sur le contrôle des frontières, pas sur le sauvetage

Bruxelles, 04/09/2014 (Agence Europe) - La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, et le directeur général de l'agence Frontex (chargé de la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne), Gil Arias-Fernández, sont venus donner, mercredi 3 et jeudi 4 septembre, aux eurodéputés de la commission des libertés civiles quelques précisions sur l'opération que devrait mener Frontex en Méditerranée à partir de novembre, conformément aux demandes de l'Italie. Les deux responsables ont reprécisé que cette opération, baptisée Triton, ne remplacera pas l'actuelle opération Mare Nostrum au large de la Libye, que les autorités italiennes souhaitent arrêter. Outre le fait que l'opération Frontex se déroulera beaucoup plus près des côtes européennes, elle ne se concentrera pas sur le sauvetage en mer, mais sur le contrôle et la gestion des frontières de l'UE. « Notre opération s'appellera Triton », a expliqué le directeur général de Frontex, et couvrira les zones d'opération d'Hermés et Aeneas, deux opérations déjà en cours menées au large de la Sicile et entre Calabre et Pouilles. L'opération coûterait 3 millions d'euros par mois. Une nouvelle réunion technique est par ailleurs prévue vendredi 5 septembre à Rome pour poursuivre la finalisation des détails de cette opération, a continué M. Arias-Fernández. « Une fois ces détails réglés, nous lancerons un appel à participation aux autres États membres », a dit le directeur général, se disant par ailleurs confiant que des fonds européens d'urgence seront libérés pour cette nouvelle opération. Un déblocage de fonds qu'il a jugé « possible » et dont dépendra le succès de cette opération, a-t-il poursuivi. Le succès de Triton dépendra aussi de la contribution des autres États membres et des moyens logistiques qu'ils mettront à disposition. Mais il s'agira d'abord de surveiller les arrivées sur les côtes européennes et pas prioritairement de patrouiller pour sauver les migrants en détresse, même si Frontex est parfois « logiquement amenée par ses missions à effectuer des sauvetages en mer ».

Mercredi 3 septembre, c'est Cecilia Malmström qui avait expliqué aux eurodéputés que cette mission ne remplacerait pas Mare Nostrum et que le sort de cette dernière relevait de la seule décision des autorités italiennes. L'opération coûte environ 9 millions d'euros par mois à l'Italie et, jeudi matin, plusieurs voix se sont même élevées pour pointer les effets pervers de cette opération, qui risque de créer « un appel d'air ». En effet, conscients que les navires italiens patrouillent près des côtes libyennes, les passeurs n'hésitent ainsi pas à mettre moins de carburant dans leurs embarcations et à réduire les denrées comme l'eau à destination des migrants, misant sur le fait que la marine italienne interviendra.

Le directeur général de Frontex a en tout cas dressé un nouveau tableau inquiétant de la situation en Méditerranée, confirmant une hausse très importante des détections de migrants. Fin juillet, Frontex notait « 121 000 cas de détection », a-t-il expliqué, contre « 107 000 pour toute l'année 2013 ». Les départs de migrants seront, « si cela se poursuit », également plus importants qu'en 2011, année du Printemps arabe où l'agence avait comptabilisé 115 000 arrivées. Fin juillet, les arrivées avaient en tout cas dépassé l'ensemble des détections de 2009 et 2010.

L'essentiel des départs se fait par la Libye, « qui ne contrôle plus du tout ses frontières », a dit le directeur, par la Mer Égée (un nouveau point de passage depuis que les frontières terrestres gréco-turques ont été renforcées) ainsi que par le Maroc et l'Espagne. Les Syriens et les Érythréens sont les nationalités les plus représentées. « Très peu demandent l'asile quand ils arrivent en Italie » et essaient d'aller dans les pays scandinaves, a poursuivi le responsable. Beaucoup de migrants font également en sorte d'éviter l'enregistrement de leurs empreintes digitales, informés de l'existence du système Eurodac, a encore dit le directeur général. (SP)

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