Bruxelles, 04/09/2014 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, est d'avis que le discours de M. Draghi, prononcé fin août à Jackson Hole, incite les États membres à dégager des marges de manoeuvre budgétaires et à réformer leur économie pour stimuler la croissance.
Selon M. Dijsselbloem, le président de la BCE a insisté, fin août lors de la réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole (EUROPE 11139), sur la nécessité pour les politiques budgétaires de jouer « un rôle accru » dans le sens où les pays de la zone euro ne peuvent pas s'attendre à ce que l'institut monétaire de Francfort règle seul leurs problèmes économiques. La BCE a « toujours souligné le fait que les réformes structurelles améliorent la compétitivité des économies européennes », a-t-il ajouté, jeudi 4 septembre, devant les eurodéputés de la commission des affaires économiques et monétaires. D'où la nécessité, selon lui, de procéder à des choix « intelligents » et d'adopter des mesures qui favorisent la croissance. Il a cité notamment le transfert de la charge fiscale du travail vers la consommation et les coupes dans les dépenses.
Le président de l'Eurogroupe a réitéré la ligne du Conseil européen appelant à faire usage des flexibilités déjà inscrites dans le Pacte de stabilité et de croissance, celui-ci étant à la base de « la crédibilité ». Il a établi une « distinction claire » entre la flexibilité permise pour les pays situés dans le volet 'correctif' (déficit supérieur à 3% comme en France) et ceux situés dans le volet 'préventif' (pas de procédure pour déficit excessif comme en Italie) du Pacte. Dans le premier cas, la fixation de nouveaux objectifs à moyen terme - et donc l'octroi de délais supplémentaires pour réduire le déficit - dépendra de la qualification de la situation économique actuelle. Selon les Vingt-huit, la reprise économique est « faible », l'inflation « exceptionnellement basse » et le chômage « à un niveau inacceptable » (EUROPE 11144).
Je ne sais pas si la faible inflation actuelle permet d'établir l'existence de circonstances exceptionnelles, a déclaré M. Dijsselbloem, écartant un risque déflationniste dans la zone euro. Il a reconnu la nécessité de prendre en compte, dans la fixation des nouveaux objectifs budgétaires à moyen terme, le temps que ces réformes mettent pour produire des effets en termes de croissance. Néanmoins, « si un délai supplémentaire est accordé, ce délai ne devra pas être gaspillé, mais utilisé à bon escient », a-t-il considéré, évoquant la possibilité de dresser des listes de réformes structurelles à appliquer au niveau national.
Les pays situés dans le volet 'préventif' du Pacte pourraient être davantage intéressés à l'exclusion de certains types d'investissement dans la prise en compte du calcul du déficit. Comment financer un grand plan d'investissement si aucune différence n'est établie entre dépenses d'investissement et dépenses finançant le déficit des comptes courants ?, s'est interrogé Hugues Bayet (S&D, belge). M. Dijsselbloem a vu d'un bon oeil le plan d'investissements promis par le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Néanmoins, « toutes les réponses à la crise ne proviendront pas des dépenses publiques », a-t-il estimé.
Interrogé par sa compatriote Cora van Nieuwenhuizen (ADLE, néerlandaise) sur son mandat à la tête de l'Eurogroupe, M. Dijsselbloem a assuré qu'il demeurerait à son poste jusqu'à expiration en juillet 2015, estimant qu'il est trop tôt pour parler d'une possibilité d'un 2ème mandat à ce stade. (MB)