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Bulletin Quotidien Europe N° 11148
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Semestre européen, les extrêmes plus volubiles

Bruxelles, 04/09/2014 (Agence Europe) - En matière économique, la voix des eurodéputés appartenant à des mouvements hostiles à la pensée dominante - qu'ils soient antilibéraux, souverainistes ou europhobes - se fait davantage entendre que lors de la précédente législature du Parlement européen.

Avec quelques nuances, les groupes politiques traditionnellement pro-européens (PPE, S&D, ADLE, Verts/ALE) et capables de former une majorité stable sur les principaux dossiers économiques n'ont pas trouvé grand-chose à redire au projet de rapport sur le processus budgétaire dit 'Semestre européen' présenté par Philippe De Backer (ADLE, belge), mercredi 3 septembre en commission des affaires économiques et monétaires du PE (EUROPE 11145). Soulignant l'importance des « réformes structurelles », Dariusz Rosati (PPE, polonais) a évoqué le « gros problème » d'appropriation et de mise en oeuvre des recommandations par pays de politique socio-économique, adressées par le Conseil européen aux États membres. Tibor Szanyi (S&D, hongrois) n'a pas vu de problème particulier avec le projet de rapport, insistant sur les notions de « solidarité » et de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. En revanche, son homologue française, Pervenche Berès, a estimé impossible d'écrire ce rapport sans évoquer la situation économique actuelle de l'Union européenne.

Nombreux mais pas forcément d'accord entre eux, les eurodéputés hostiles à toute ingérence de l'UE dans les affaires nationales sont montés au créneau. « Tout choix politique doit revenir aux parlements nationaux et pas à la Commission européenne », a déclaré Sampo Terho (CRE, finlandais). Critiquant « un rapport faussé dans son analyse », Steven Woolfe (ELD, britannique) a estimé que le seul niveau d'action valable était « l'État-nation ». Il a jugé dangereux le souhait du rapporteur de voir se concrétiser une représentation extérieure de l'euro, une démarche qui signifierait « la fin de la souveraineté nationale ». Pour Bernard Monot (NI, français), le rapport « enfonce des portes ouvertes » en plaidant pour la croissance et l'emploi. Il s'est inscrit en faux contre l'idée que l'immigration stimulerait la croissance économique. En France, « moins de 15% de la population immigrée travaille », a considéré l'élu du Front national.

Satisfait du soutien de la plupart des groupes politiques, M. De Backer a enfoncé le clou. « Nous ne pouvons pas faire tourner la machine à billets pour sortir de la crise. Tous ceux qui s'écartent de cela devront répondre de leurs actes », a-t-il martelé, s'en référant aux propos de la BCE sur l'importance de procéder à des réformes structurelles. Le vote du rapport aura lieu en commission parlementaire le 7 octobre et sera adopté par le PE lors de la 2ème session plénière du même mois. (MB)

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