Bruxelles, 18/06/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a rappelé, mardi 17 juin, l'importance de protéger les indications géographiques de produits agricoles de l'UE dans le cadre des négociations pour un accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis, appelé partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement (TTIP).
Après une rencontre à Bruxelles avec le secrétaire d'État américain à l'Agriculture, Tom Vilsack, le commissaire européen Dacian Ciolos a déclaré à la presse, mardi 17 juin: « Bien sûr que nous avons discuté des indications géographiques ! Ce n'est pas quelque chose de nouveau, vous savez que les indications géographiques de l'UE sont très importantes dans le processus (de négociation) du TTIP, comme ce fut le cas déjà dans d'autres négociations ». Le commissaire a apprécié le fait que M. Vilsack ait « accepté de discuter de cela ». « Je suis également conscient du fait que nous avons besoin de faire un effort pour expliquer ce que sont les indications géographiques et ce que les indications géographiques ne sont pas, afin d'éliminer les soucis qui peuvent exister aux États-Unis à ce sujet », a souligné M. Ciolos. Et d'insister: « C'est pourquoi notre intention est de lancer à l'avenir un processus d'explication, de discussions, avant d'entrer dans de véritables négociations ».
M. Vilsack a admis que les deux parties avaient parfois des approches différentes sur la manière de relever certains défis. « Je me suis montré compréhensif sur la raison pour laquelle le sujet (des indications géographique) est important pour l'UE ». C'est un sujet important aussi pour les États-Unis. « Notre système est un système de marque déposée, qui est différent de celui utilisé en Europe. Il faudrait arriver à avoir une meilleure compréhension du processus à suivre pour obtenir une indication géographique », a dit le secrétaire d'État américain. Il a conseillé aux parties de se montrer créatives en vue de trouver une solution.
M. Vilsack a été invité à un déjeuner de travail avec les ministres de l'Agriculture de l'UE, lundi 16 juin à Luxembourg, et la plupart des pays de l'UE ont évoqué ce sujet des indications géographiques. « L'UE ne voit pas comment on pourrait avoir un accord sans que les indications géographiques fassent partie de cet accord », a souligné le commissaire Ciolos, lundi à Luxembourg.
Les États-Unis viennent d'adopter leur nouveau projet de loi agricole (Farm Bill) et l'UE vient d'adopter la réforme de la politique agricole commune (PAC) et « nous avons convenu aujourd'hui que nous devrions faire plus afin d'avoir une meilleure compréhension des différentes manières que nous avons pour faire la même chose », a déclaré mardi M. Ciolos, après son entrevue avec l'Américain. M. Ciolos s'est dit convaincu, après ces discussions, que « nous ne pourrons pas négocier sur le TTIP sans avoir une meilleure compréhension des réalités. Si nous faisons cela, alors il sera plus aisé de résoudre certains des défis qui nous attendent dans ces négociations », a poursuivi M. Ciolos sur ce thème. Il a par ailleurs tenté de rassurer les citoyens européens sur l'issue des négociations transatlantiques. « Nos citoyens peuvent être très confiants, nous n'allons pas entériner un accord qui réduirait les normes qu'ils souhaitent pour leur nourriture. Nous devons faire plus pour expliquer cela. Nous ne devons pas laisser l'impression se développer que nous sommes en train de négocier secrètement derrière des portes closes », a conclu le commissaire.
Les sujets agricoles les plus sensibles du TTIP sont la viande aux hormones et les cultures transgéniques, des produits pour lesquels les règles de l'UE sont bien plus restrictives que celles des États-Unis. L'Union européenne interdit l'importation de viandes provenant d'animaux traités aux hormones et ne souhaite pas ouvrir ses portes aux OGM.
Sur ces sujets conflictuels, Tom Vilsack a dit qu'il fallait trouver un objectif commun, à savoir: ouvrir les marchés et éliminer les barrières non scientifiques. « La science est un langage commun. Nous allons travailler pour faire en sorte que les accords atteints soient compatibles avec la science », a-t-il dit lundi devant la presse, à Luxembourg.
Exportations de viandes bovines aux USA. Un accord a été conclu entre l'UE et les USA en vue de la reprise des exportations européennes de viande bovine aux États-Unis. Mais le processus prend du temps. M. Vilsack a précisé mardi à Bruxelles, en réponse à une question de la presse, que « deux pays, les Pays-Bas et l'Irlande, ont bouclé le processus selon lequel les USA mènent une inspection sur les sujets liés à la sûreté alimentaire » (avant d'autoriser les importations de viande bovine). Les États-Unis ont invité les autres pays de l'UE à suivre la même procédure. (LC)