Bruxelles, 18/06/2014 (Agence Europe) - Comme prévu, les sociaux-démocrates au Parlement européen ont élu, mercredi 18 juin, Martin Schulz à la présidence de leur groupe.
Élu par 162 voix sur 170 alors qu'il était le seul candidat, l'Allemand remplace l'Autrichien Hannes Swoboda. Ce jeu de chaises musicales bénéficie au premier vice-président du Parlement européen, l'Italien Gianni Pitella (S&D) qui assurera l'intérim jusqu'au 1er juillet, date à laquelle le ou les nouveaux présidents du Parlement européen devrai(en)t être connu(s), l'idée d'un partage de la présidence de 5 ans entre deux groupes politiques étant toujours d'actualité, comme l'a indiqué Manfred Weber, chef du PPE, jeudi 12 juin lors d'un point presse. Martin Schulz a donc officiellement démissionné de la présidence ce 18 juin et pourra se concentrer uniquement sur les négociations concernant les nominations aux principales fonctions européennes.
M. Schulz a publiquement confirmé qu'il souhaitait un poste à la Commission. L'ambition d'être 'vice-chancelier' de la Commission aux côtés de Jean-Claude Juncker lui est souvent prêtée. « Juncker me veut à la Commission », a-t-il d'ailleurs ajouté lors de ces déclarations, même si, selon l'équipe du Luxembourgeois, les discussions ne se font que sur le nom du futur président de la Commission et non sur un ticket avec M. Schulz. « M. Juncker n'est pas contre mais ce n'est pas dans ses capacités » de l'imposer, expliquait-on en fin de semaine dernière. L'un des principaux obstacles à Martin Schulz demeure notamment la chancelière allemande, Angela Merkel, et certains le voient revenir à la présidence du PE.
Le 'nouveau' chef du groupe S&D, groupe qu'il a toutefois déjà présidé entre 2009 et 2012, a déclaré à l'issue du vote que « cette élection (lui donnait) le plein appui des députés S&D pour conduire efficacement les négociations pour la désignation du futur président de la Commission européenne et son programme politique, ainsi que la future structure au sein du Parlement européen ».
Martin Schulz a, à son tour, appelé les dirigeants à « ne pas retarder un processus au cours duquel les peuples d'Europe se sont prononcés ». Selon lui, « Jean-Claude Juncker devrait recevoir un mandat en vue d'établir une majorité au Parlement européen, avec un engagement clair de tous les groupes démocratiques ». Mais ce soutien ne sera accordé que si M. Juncker « est prêt à relever les grands défis de l'UE: mettre fin à l'austérité, lutter contre le chômage de masse - en particulier celui des jeunes -, limiter l'augmentation de la pauvreté et l'exclusion sociale, lutter contre la fraude fiscale et rendre l'Europe compétitive à travers des investissements accrus, la modernisation des infrastructures et une interprétation plus souple du Pacte de stabilité et de croissance ». (SP)