Bruxelles, 18/06/2014 (Agence Europe) - À trois jours de l'ouverture de la 50ème session de l'ICANN qui débutera à Londres dimanche 22 juin, l'EFOW, la Fédération européenne des vins d'appellation, pointe du doigt la responsabilité de certains gouvernements dans l'échec des négociations entre le secteur et les sociétés candidates à l'exploitation des noms de domaine « .vin » et « .wine ». Elle dénonce l'opacité qui entoure les prises de décision au sein de l'ICANN, les conflits d'intérêts et appelle à une réforme profonde de la gouvernance mondiale de l'Internet et à la mise en place d'une organisation indépendante.
Le bras de fer entre les parties dure depuis bientôt deux ans et porte, pour rappel, sur les noms des AOC dont la protection n'est pas envisagée par l'ICANN ; d'où la pression du secteur viti-vinicole européen. La Commission européenne était montée au créneau avec une lettre envoyée à l'ICANN en février, plaidant la cause du secteur européen (EUROPE 11012). Début avril, l'ICANN avait donné un nouveau délai de 60 jours au secteur et aux candidats pour s'entendre, mais, malheureusement, les négociations n'ont rien donné. « Ces négociations n'avaient aucune chance d'aboutir, à partir du moment où des gouvernements sont intervenus auprès des candidats pour les dissuader de dialoguer avec nous. Plus grave, le seul candidat qui avait réservé un bon accueil à nos propositions a subi dans les derniers jours une pression forte et a préféré de ce fait ne pas poursuivre les discussions », déplore l'EFOW dans un communiqué. Les représentants du secteur viti-vinicole annoncent qu'ils engageront une vaste campagne d'information pour dénoncer les risques que font peser ces noms de domaine pour les consommateurs et les producteurs et appelleront à leur boycott. Enfin, ils demandent à leur gouvernement de mettre en place des mesures de blocage pour identifier et neutraliser les sites illégaux et à la Commission européenne d'être plus offensive dans les négociations internationales. (IL)