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Bulletin Quotidien Europe N° 11103
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) Énergie

Différend russo-ukrainien, M. Oettinger veut une solution cet été

Bruxelles, 18/06/2014 (Agence Europe) - La Commission reste ouverte pour poursuivre les consultations trilatérales avec la Russie et l'Ukraine visant à régler leur différend gazier, nous a confirmé le service de presse du commissaire Günther Oettinger, mercredi 18 juin. M. Oettinger « va évaluer les ambitions de nos partenaires russe et ukrainien dans les prochaines semaines », nous a-t-on précisé. M. Oettinger veut d'abord rencontrer le ministre ukrainien de l'Énergie, Iouri Prodan, puis son homologue russe, Alexander Novak.

Le commissaire à l'Énergie va s'employer à réunir de nouveau les deux parties, d'ici la mi-juillet, afin de trouver une solution au règlement de la dette ukrainienne à l'égard du gazier russe Gazprom et de fixer un prix pour l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz russe jusqu'au printemps 2015. L'objectif étant aussi de sécuriser l'approvisionnement de l'UE en gaz russe, dont la moitié transite par l'Ukraine, avant le pic de la demande en hiver. « Nous sommes dans une situation délicate. Nous sommes en juin, ce n'est pas vraiment urgent aujourd'hui, mais c'est mon ambition d'utiliser l'été pour résoudre cette crise », a déclaré M. Oettinger, mardi 17 juin, expliquant qu'à cette période, les stocks de gaz sont abondants et la demande est faible.

Vendredi, le groupe de coordination sur le gaz, au sein du Conseil, se réunira pour évaluer la capacité de résistance de l'UE à une rupture dans les livraisons transitant via l'Ukraine, après la décision russe, lundi 16 juin, de fermer le robinet du gaz à l'Ukraine.

Après un mois et demi d'intenses tractations, les négociations russo-ukrainiennes, sous la médiation de la Commission, ont échoué et les contacts entre les deux parties se sont rompus lundi. L'effusion de sang en Ukraine le week-end dernier a rendu la tâche beaucoup plus difficile. « Je pense qu'à la fin des négociations, la Russie ne pensait pas à être un peu plus souple », a commenté M. Oettinger lundi, relayé par Reuters.

Russes et Ukrainiens ne sont pas parvenus à s'entendre sur le compromis du commissaire Oettinger, reposant sur le paiement par l'Ukraine, dès le 16 juin, de 1 milliard de dollars, puis le solde de sa dette en six tranches d'ici la fin de l'année. Ce compromis reposait en outre sur un prix de 385 dollars pour 1 000 mètres de gaz russe pour les achats d'hiver et sur un prix de 300 dollars et quelques dollars de plus pour les achats d'été, contre 485 dollars actuellement, en vertu d'un contrat de 2009. L'Ukraine a accepté le compromis, mais la partie russe l'a refusé et insisté sur le paiement immédiat de 1,9 milliard de dollars et un prix d'achat unique de 385 dollars pour 1 000 mètres cubes. Gazprom chiffre la dette de Kiev à 4,45 milliards de dollars: 1,45 milliard pour les factures de novembre et décembre 2013 et 3 milliards pour les achats d'avril et mai 2014.

Gazprom a aussi annoncé lundi avoir saisi la cour d'arbitrage internationale de Stockholm sur la dette gazière de l'Ukraine. Kiev a répliqué en annonçant avoir lancé une procédure devant la même juridiction afin de trancher sur le prix. « Personne ne peut se permettre d'attendre les années qu'il faudra pour résoudre ce différend », a commenté, à ce propos, le commissaire Oettinger.

Enfin, alors que la Commission bloque les travaux de construction du gazoduc South Stream dans les pays parties prenantes au projet conduit par Gazprom (Autriche, Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Slovénie et Italie, plus la Serbie), le temps d'évaluer sa compatibilité avec la législation de l'UE, M. Oettinger a précisé mardi que cette question n'avait pas été soulevée dans les négociations avec Kiev et Moscou. (EH)

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