Bruxelles, 10/06/2014 (Agence Europe) - Tandis que la Bulgarie a accepté de suspendre les travaux du projet de gazoduc South Stream sur son territoire, la Serbie rechigne à faire de même. L'exécutif européen a rappelé Belgrade à l'ordre, mardi 10 juin, soulignant les obligations de la Serbie, en tant que membre de la Communauté de l'énergie, à l'égard de la législation de l'UE sur le marché intérieur sur l'énergie.
Le Premier ministre bulgare, Plamen Orecharski, a annoncé, le 8 juin, la suspension des travaux de construction du tronçon bulgare de South Stream, obéissant ainsi à l'injonction de la Commission, qui a ouvert, le 2 juin, une procédure d'infraction contre Sofia visant la procédure d'octroi de marchés publics dans le cadre du projet d'infrastructure piloté par le gazier russe Gazprom en Bulgarie (EUROPE 11095). Des examens des procédures d'attribution de marchés publics dans les autres pays membres de l'UE parties prenantes au projet South Stream (Autriche, Croatie, Grèce, Hongrie, Slovénie, Italie) sont également en cours.
Le 9 juin, la Serbie a pour sa part démenti avoir pris la même décision que Sofia. « Une telle décision devrait être prise par le gouvernement serbe, or il ne s'est pas réuni. Les travaux sur South Stream se déroulent comme prévu. S'il y a du changement, le gouvernement prendra une décision et vous en serez informés », a lâché devant la presse, lundi, le Premier ministre serbe, Aleksandar Vucic, démentant des propos attribués à un de ses ministres faisant état de la suspension des travaux du tronçon serbe.
Mardi, la Commission a aussitôt haussé le ton, rappelant à la Serbie ses « obligations spécifiques » à l'égard de l'acquis de l'UE en matière d'énergie, découlant de sa participation à la Communauté de l'énergie. « À compter du 1er janvier 2015, la Serbie doit commencer à appliquer l'intégralité des dispositions du 3ème paquet énergie, ce qui implique une libéralisation totale des marchés de l'énergie pour tous les clients. Les dispositions concernant le dégroupage, l'accès des tiers et la fixation des tarifs devront être pleinement respectées à cette date. Toute exemption devra être dûment demandée et acceptée », a insisté le porte-parole du commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, rappelant aussi les préoccupations de la Commission quant à la compatibilité de l'accord South Stream avec les obligations à l'égard de la législation de l'UE.
South Stream vise à relier la Russie à la Bulgarie sous la mer Noire, en contournant l'Ukraine, pour desservir le marché européen via deux branches: l'une, au sud, vers l'Italie en passant par la Grèce ; l'autre, au nord, vers l'Autriche, la Croatie et la Slovénie, en passant par la Serbie et la Hongrie. (EH)