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Bulletin Quotidien Europe N° 11097
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Philippines et Papouasie-Nouvelle-Guinée dans le collimateur de l'UE

Bruxelles, 10/06/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé, mardi 10 juin, de lancer un avertissement aux Philippines et à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ces deux pays étant jugés trop laxistes dans leur lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

La Commission poursuit ainsi son action de lutte contre la pêche illégale au niveau mondial. La décision ne contient, à ce stade, aucune sanction commerciale. Les deux pays incriminés (Philippines et Papouasie-Nouvelle-Guinée) ont reçu un 'carton jaune' d'avertissement et se sont vus octroyer un délai raisonnable pour réagir et prendre des mesures pour rectifier la situation. La Commission a également proposé, pour chaque pays, un plan d'action visant à remédier aux défaillances. Si aucune amélioration n'est constatée dans les six mois, l'Union pourrait prendre d'autres mesures susceptibles d'inclure des sanctions commerciales, sous la forme d'une interdiction des importations de produits de la pêche. Une telle interdiction frappe déjà la Guinée, le Belize et le Cambodge. Pour rappel, le Conseil de l'UE a décidé le 24 mars d'inscrire le Belize, le Cambodge et la Guinée-Conakry sur la liste des pays qui ne sont pas suffisamment actifs dans la lutte contre la pêche illicite (EUROPE 11045 et 11044).

La Commission justifie son action par l'insuffisance des efforts déployés par les Philippines et la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour lutter contre la pêche illicite. Elle a recensé des manquements concrets, tels que l'absence de système de sanctions pour dissuader les activités de pêche INN ou l'insuffisance des mesures prises pour remédier aux lacunes constatées en matière de suivi, de contrôle et de surveillance de la pêche. « Si la moitié du thon du Pacifique occidental est exportée vers l'UE, nous ne pouvons ignorer les activités de pêche illicites menées dans cette région. J'exhorte les Philippines et la Papouasie-Nouvelle-Guinée à lutter contre cette pratique qui met en péril la survie des pêcheurs », a déclaré la commissaire à la Pêche, Maria Damanaki.

Une procédure formelle de dialogue va à présent être engagée avec ces pays afin de résoudre les problèmes recensés et de mettre en oeuvre les plans d'action nécessaires.

La décision prise aujourd'hui repose sur le règlement concernant la pêche INN, qui est entré en vigueur en 2010. Cet instrument essentiel pour lutter contre la pêche illicite vise à n'autoriser l'accès au marché de l'Union qu'aux seuls produits de la pêche dont l'État du pavillon concerné a certifié la légalité.

En mars, sur proposition de la Commission, le Conseil des ministres a adopté des mesures commerciales à l'encontre du Belize, du Cambodge et de la Guinée en raison de leur manque d'engagement dans la résolution du problème de la pêche illégale. Les produits de la pêche capturés par des navires de ces pays sont interdits à l'importation dans l'Union. Outre les Philippines, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les trois pays frappés par l'interdiction de commercialisation, huit autres pays tiers ont déjà reçu des avertissements officiels au titre du « règlement INN »: Fidji, Panama, Sri Lanka, Togo et Vanuatu, en 2012, et Ghana, Curaçao et Corée du Sud, en 2013. La plupart de ces pays ont coopéré de manière constructive avec la Commission et ont réalisé des progrès considérables dans leurs systèmes de gestion de la pêche afin de lutter contre la pêche illicite. Ils ont élaboré de nouvelles dispositions législatives et renforcé leurs systèmes de suivi, de contrôle et d'inspection.

Selon les estimations, les activités de pêche illicite représenteraient une valeur totale d'environ 10 milliards d'euros par an, ce qui équivaudrait à 19% de la valeur déclarée des captures. Chaque année, entre 11 et 26 millions de tonnes de poisson sont capturées de manière illicite, ce qui correspond à au moins 15% des captures au niveau mondial, explique la Commission.

Les ONG applaudissent

Xavier Pastor, directeur d'Oceana Europe, a estimé que, par cette action, la Commission européenne a confirmé son attachement à la lutte contre la pêche INN, en envoyant un message fort que les actions précédentes de l'UE ne sont pas des actes singuliers, mais un volet d'une politique à long terme. « Perturber cette activité destructrice (pêche illégale) permettra d'améliorer les moyens de subsistance des pêcheurs locaux et d'augmenter les stocks de poissons, a-t-il dit. L'ONG Pew est « heureuse » de voir l'UE poursuivre ses efforts pour mettre fin à la pêche illégale et éviter que les poissons pêchés illégalement n'atteignent le marché.

« Ce n'est pas un exercice visant à singulariser des nations, mais c'est plutôt un exercice pour renforcer la mise en oeuvre effective des lois et règlements internationaux en matière de pêche. Il doit y avoir des conséquences pour ceux qui évitent constamment de respecter les règles du jeu », a déclaré Eszter Hidas, du WWF. (LC)

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