login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11097
INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Pour M. Juncker, le bateau tangue mais ne coule pas encore

Bruxelles, 10/06/2014 (Agence Europe) - L'escapade en bateau des dirigeants allemand, britannique et néerlandais, Mme Merkel, M. Cameron et M. Rutte, invités dans les contrées de leur ami suédois, Fredrik Reinfeldt, lundi 9 et mardi 10 juin, n'aura visiblement pas encore permis de couler la candidature de Jean-Claude Juncker à la Commission européenne.

Conviés à Harpsund par le Premier ministre suédois pour un mini-sommet officiellement dédié à l'économie européenne, les quatre leaders ont bien abordé la question des 'top jobs' européens et, avec elle, le sort du candidat luxembourgeois, soumis à une très virulente campagne médiatique au Royaume-Uni, tant dans la presse, que dans le milieu politique, les membres du parti Labour ayant eux aussi pris officiellement position contre lui. Mais David Cameron, Fredrik Reinfeldt et Mark Rutte, notoirement opposés tant au processus de sélection qu'au candidat Juncker, n'ont pas encore réussi à convaincre la chancelière allemande de 'lâcher' l'ancien patron de l'Eurogroupe.

Interrogée lors d'une conférence de presse mardi, Angela Merkel a répété sa position. « Je me suis déjà exprimée en Allemagne sur les questions de personnes et je peux le refaire ici: j'ai dit que Juncker était mon candidat pour la présidence de la Commission, que je souhaite qu'il soit le président. Je l'ai dit en Allemagne, je le répète », a-t-elle affirmé, selon l'AFP.

Au cours du week-end, les leaders britannique, néerlandais et suédois avaient eux aussi réitéré leurs réticences. David Cameron a ainsi répété que les chefs d'État devaient être les seuls habilités à choisir les dirigeants des institutions européennes, « plutôt que d'accepter un procédé qui n'a jamais fait l'objet d'accord », a-t-il dit, en référence à la personnalisation de la campagne voulue par les partis du PE. Fredrik Reinfeldt a lui aussi rappelé que ce processus de 'têtes de liste' empêchait d'autres candidats potentiels de se lancer dans la course.

Mark Rutte, qui a dit par le passé qu'il n'y avait aucune automaticité entre les têtes de liste des partis politiques arrivés en tête des élections et les candidats finalement retenus, devait lui se rendre à Dublin pour rencontrer le Premier ministre, Enda Kenny, juste après son séjour en Suède. Un voyage qui, selon les médias, devait notamment permettre aux deux leaders de s'entretenir sur ces nominations.

Officiellement, ce n'est que sur la libre circulation des citoyens européens dans l'UE et sur les fraudes aux prestations que David Cameron a crié victoire mardi 10 juin, le Premier ministre évoquant « un accord » entre les quatre leaders pour intensifier la lutte contre les abus (voir autre nouvelle). Mais le flou demeure sur le sort de M. Juncker ou sur le paquet de nominations aux autres postes (Haut représentant, président du Conseil, etc...).

Consultations avec les groupes du PE, jeudi 12 juin

C'est néanmoins cette semaine que les choses sérieuses devraient commencer entre le Conseil et le Parlement européen, le président actuel du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ayant prévu de rencontrer un à un, ce jeudi 12 juin, les chefs des groupes politiques du PE, tous à peu près constitués. Ces discussions, dont le contenu n'avait pas encore été précisé aux groupes, selon certaines sources, pourraient permettre au président du Conseil de sonder les majorités possibles autour des candidats actuels, en l'occurrence le soutien à Jean-Claude Juncker. M. Van Rompuy recevra aussi les exigences des groupes politiques en échange de ce soutien.

Herman Van Rompuy a, pour sa part, été très clair sur ses intentions, mardi 10 juin, rappelant, en marge d'un point presse, que l'essentiel résidait pour l'heure dans l'identification des priorités de travail de la prochaine Commission. « Ensuite, nous déciderons du candidat » le plus à même de poursuivre ce programme, a-t-il dit à la presse. Plutôt que de se concentrer sur les noms, « le premier objectif est la substance ; avant de décider d'un nom, il faudra savoir quelle direction nous voulons pour l'UE pour les cinq prochaines années». (SP)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE