Bruxelles, 10/06/2014 (Agence Europe) - Les négociations trilatérales entre la Russie, l'Ukraine et l'UE sur le règlement de la dette gazière ukrainienne à l'égard de Gazprom et sur la sécurité de l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz russe n'avaient toujours pas abouti à un accord, mardi 10 juin.
Après une nuit d'intenses tractations à Bruxelles, les parties russe et ukrainienne s'étaient séparées mardi matin sans être parvenues à un accord, mais elles avaient convenu de reprendre leurs discussions mardi soir ou mercredi matin, avait annoncé le commissaire à l'Énergie, Gunther Oettinger, médiateur dans ce dossier. L'ultimatum fixé par la Russie pour le règlement de la dette ukrainienne se terminait mardi.
Les gaziers russe Gazprom et ukrainien Naftogaz ont accepté le 2 juin d'étudier un plan permettant à l'Ukraine de rembourser sa dette et de sécuriser ses approvisionnements en gaz russe jusqu'en juin 2015. « Il s'agit de se mettre d'accord sur le paiement des arriérés (de la dette ukrainienne), sur un prix équitable du gaz russe pour l'Ukraine et sur la modernisation du système de gazoducs ukrainien », avait résumé le président de la Commission, José Manuel Barroso, le 4 juin dernier.
L'Ukraine veut un changement des conditions d'un contrat de 2009 qui la contraint à acheter un volume déterminé de gaz à 485 dollars pour 1 000 mètres cubes. Fin 2013, la Russie a revu ce prix à la baisse, à 268,50 dollars, avant de le rétablir après la destitution de l'ex-président ukrainien, Viktor Ianoukovitch. Le commissaire Oettinger tente de faire se rencontrer les parties russe et ukrainienne sur un prix médian. Le prix moyen payé à Gazprom par les clients européens se situe autour de 370 dollars les 1 000 mètres cubes.
La Russie et l'Ukraine ne sont par conséquent pas d'accord sur la note à régler par Naftogaz. Avec le paiement fin mai d'une première tranche de 786 millions de dollars, le reste de la dette pour 2013 et 2014 non contestée par Kiev s'élève à 1,454 milliard de dollars. Gazprom avance le chiffre de 4,46 milliards de dollars.
Après un entretien, le 6 juin en France, avec le président ukrainien, Petro Porochenko, le président russe, Vladimir Poutine, avait indiqué que Gazprom et Naftogaz étaient « proches d'un accord final ».
Mardi, le commissaire Oettinger admettait que « des questions [étaient] encore ouvertes et des divergences à régler », mais précisait que les parties russe et ukrainienne avaient accepté de poursuivre leurs discussions. Un peu plus tard, sa porte-parole précisait que la question des prix restait parmi les questions ouvertes. De son côté, le ministre ukrainien de l'Énergie, Iouri Prodan, faisait savoir que les discussions achoppaient toujours sur un mécanisme de prix avancé, la Russie proposant de lier des baisses de prix à des taxes à l'exportation. Le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, jugeait de son côté « [avoir] proposé un plan très constructif, que, selon [lui], toutes les parties prenantes pourraient et devraient accepter ». (EH)