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Bulletin Quotidien Europe N° 11075
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

La Commission veut doubler la production aquacole de l'UE

Bruxelles, 08/05/2014 (Agence Europe) - En dépit des réticences des consommateurs et des écologistes, la Commission européenne veut doubler la production aquacole de l'UE d'ici à 2020 pour sauver les poissons sauvages et contrer la concurrence asiatique, a indiqué mercredi 7 mai la commissaire aux Affaires maritimes, Maria Damanaki, dans un entretien à l'AFP. La pisciculture est saine et durable et elle peut contribuer à lutter contre la surpêche et à protéger les stocks halieutiques sauvages, a dit aussi la commissaire lors d'un événement organisé dans le cadre du salon Seafood Expo Global à Bruxelles.

La Commission entend dégager « jusqu'à près d'un milliard d'euros », au delà des 700 millions déjà garantis par FEAMP, a précisé la commissaire grecque. En dépit d'une forte progression de la demande mondiale de produits de la mer, « la production européenne a stagné ces dernières années, à cause de trop de bureaucratie et d'un manque de fonds et d'espaces disponibles », regrette-elle. « Actuellement, l'UE produit environ un tiers de sa consommation de produits de la mer, dont 10% provenant de l'aquaculture. Elle pourrait porter cette part à 20% », a-t-elle dit. La Commission s'apprête ainsi à évaluer des plans nationaux de soutien au secteur soumis par les pays de l'UE, incluant une planification géographique des zones dédiées à la pisciculture. Représentant plus de 80 000 emplois directs, la production aquacole de l'UE est restée globalement stable depuis 2000, autour de 1,2 million de tonnes par an, en dépit d'une croissance de la production mondiale d'environ 7% par an. Le secteur est mené dans l'UE par le Royaume-Uni et la France, qui assurent chacun environ 20% de la production, suivis de la Grèce.

Des nuisances environnementales des fermes à crevettes asiatiques aux saumons norvégiens farcis de pesticides et d'antibiotiques, Mme Damanaki reconnaît que l'aquaculture peut souffrir d'une mauvaise réputation. Mais, « numéro un au monde en qualité, avec les règles les plus strictes », le modèle européen peut garantir, selon elle, « de bons produits et une aquaculture plus durable ». « Il est hypocrite de dire qu'il ne faut pas produire plus et, en même temps, importer du Vietnam, de Chine » ou d'ailleurs « des produits que nous devons contrôler », juge-t-elle. Elle exclut toute révision à la baisse des normes sanitaires ou environnementales et privilégie l'innovation. Parmi les pistes à suivre, selon elle, un projet irlandais d'élevage en haute mer, ou des recherches française et écossaise pour réduire la consommation de poissons des saumons d'élevage. Avec ses normes, l'UE est à la peine pour être compétitive face à la concurrence d'Asie ou d'Amérique latine, admet-elle. D'où l'importance de tabler sur l'information du consommateur, avec notamment les nouvelles règles d'étiquetage prévues par la nouvelle politique de pêche, qui précisent la zone de production et si le produit est frais ou décongelé ou s'il est cultivé ou sauvage. (LC)

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