Bruxelles, 08/05/2014 (Agence Europe) - Le Forum numérique européen, groupe de réflexion dans le secteur de l'économie numérique mis sur pied au début de l'année avec les encouragements de la Commission européenne (EUROPE 11003), a publié une lettre ouverte aux candidats à la présidence de la Commission européenne, afin qu'ils accordent à l'économie numérique l'importance requise. « Le prochain président de la Commission européenne doit être un président numérique », réclament, dans la missive, les champions numériques européens chargés de conseiller la Commission sur les questions numériques. « En tant que particuliers opérant à la pointe de l'innovation et de la technologie, nous sommes impatients d'en apprendre plus à propos de vos stratégies dans le secteur numérique et nous vous encourageons à commencer à les développer au plus vite », soulignent les signataires. Neelie Kroes, commissaire en charge des questions numériques, a applaudi l'initiative sur son blog ainsi que sur Twitter.
Les champions numériques encouragent les candidats à inclure dans leur campagne électorale un agenda clair et ambitieux en faveur de l'économie numérique, agenda reposant sur quatre principes fondamentaux: 1) l'économie numérique n'existe pas, c'est l'économie dans son ensemble qui est devenue numérique. Autrement dit, le numérique concerne tous les dossiers que le futur président aura à traiter et celui-ci devra en tenir compte dans ses décisions, afin de ne pas entraver l'expansion des technologies numériques ; 2) il ne peut y avoir de stratégie convaincante en faveur de la croissance et de l'emploi sans une augmentation significative des performances dans le secteur numérique. Les TIC et Internet ont contribué à hauteur de 20% à la croissance mondiale entre 2004 et 2009 et ce secteur devrait croître sept fois plus rapidement que le PIB global dans les années à venir. Par ailleurs, l'Europe manque de compétences dans le domaine, c'est pourquoi les champions numériques appellent également le futur président à poursuivre et à tirer parti de la « Grande coalition pour l'emploi numérique ». Lancée en mars 2013, celle-ci a pour objectif d'engager une action commune pour former des professionnels supplémentaires dans le secteur des TIC ; 3) une économie compétitive et dynamique doit reposer sur les technologies numériques. Or, l'Europe manque d'infrastructures. Quelque 200 milliards d'euros seraient nécessaires d'ici 2020 pour se mettre à niveau, affirment les champions numériques en soulignant qu'un délai supplémentaire serait catastrophique pour l'avenir de l'Europe numérique ; 4) les start-up doivent être davantage soutenues et les candidats sont invités à incorporer les recommandations du manifeste Startup (EUROPE 10913) dans leur programme.
Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du PPE à la succession de José Manuel Barroso et l'un des favoris, a accusé bonne réception de la lettre ouverte, affirmant que l'idée d'un marché unique numérique était l'une des cinq priorités de sa campagne. « Je ferai bon usage de ces arguments dans les semaines à venir, lorsque je continuerai à faire campagne pour une Commission européenne fortement numérique », a souligné M. Juncker. Dans l'un de ses tweets, l'autre candidat favori, Marin Schulz, pour le S&D, a souligné l'importance de l'économie numérique: « Nous devons investir dans les infrastructures numériques afin de développer le marché numérique et créer des emplois en Europe », a-t-il affirmé. (IL)