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Bulletin Quotidien Europe N° 11075
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INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Sur le départ, M. Barroso appelle à penser l'ère 3.0 de l'Union

Bruxelles, 08/05/2014 (Agence Europe) - Le président sortant de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso, a livré un discours 'testament', jeudi 8 mai, à l'Université Humboldt de Berlin, un discours dans lequel il dresse le bilan des événements marquants de ses deux mandats et tente de définir ce qui constitue selon lui, après dix ans, l'essence du projet européen. Pour M. Barroso, l'Europe se caractérise déjà par deux phases, la phase « EUROPE 1.0 », qui a consisté à bâtir la paix et l'UE au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, puis la phase « EUROPE 2.0 » qui, l'ère de paix acquise et consolidée, a été marquée par le développement du marché intérieur et l'extension de ses avantages à une Europe ensuite élargie. Enfin, la phase de l' « EUROPE 3.0 », ouverte, selon lui, par la crise économique et financière de 2008 et dont le contenu est encore à écrire.

Pour le Portugais toutefois, cette troisième phase repose principalement sur les moyens dont se dotera l'UE « pour préserver la paix et la prospérité dans les conditions de la mondialisation », dit-il. « La crise économique et financière a montré en particulier que l'amélioration de la gouvernance de la zone euro est indispensable pour la viabilité à long terme d'une monnaie unique. D'autres mesures institutionnelles de nature plus politique peuvent devenir indispensables », a ajouté le président de la Commission. La coopération renforcée en Europe peut, selon M.Barroso, « devenir une nécessité », mais « une Europe de plusieurs classes a été - et doit toujours être - évitée à tout prix ».

Pour le président, l'UE doit s'atteler désormais à retrouver son influence, remise en cause, entre autres, par une crise qui dure depuis 6 ans ainsi que par les nouveaux défis posés à ses frontières, à l'image de la crise ukrainienne.

Gagner en légitimité

L'UE doit aussi gagner en légitimité et plancher sur le caractère démocratique de sa gouvernance, a dit M. Barroso. « Il y a un déficit de gouvernance, car les États membres tous seuls ne peuvent plus offrir ce dont les citoyens ont besoin et les institutions européennes n'ont pas encore les instruments pour le faire ». Il y a un écart de légitimité « parce que les citoyens perçoivent que les décisions sont prises à un niveau trop éloigné d'eux. Et il y a un écart entre les attentes parce que les gens attendent plus que le système politique ne peut réellement fournir », a expliqué M. Barroso qui juge nécessaire de s'interroger sur le type de 'vie commune' que veulent les Européens (quelles décisions communes ?). Cette définition des priorités collectives devrait d'ailleurs être fournie avant de « discuter des détails techniques d'un autre traité ».

Il faut aussi encore travailler à la réappropriation politique du projet européen, exercice que tente notamment de faire le Parlement européen avec la désignation de têtes de listes par parti pour les élections. Cette réappropriation serait aussi un excellent moyen de combattre les eurosceptiques, juge encore M. Barroso.

Réforme du travail de la Commission

Sur la nécessité de parfaire l'Union politique, M.Barroso estime que cette dernière doit être basée sur « la méthode communautaire, qui offre le meilleur point de départ pour une démocratie supranationale ». Cette démocratie supranationale devrait être conçue comme « un système de responsabilisation au niveau où les décisions exécutives sont prises ». Le développement futur « devrait aller dans le sens de la constitution d'une Commission réformée (…) qui serait responsable devant le Parlement européen et le Conseil », a proposé M. Barroso. Et, « à moyen terme, le bureau du vice-président de la Commission chargé des affaires économiques et monétaires et de l'euro pourrait être fusionné avec le bureau du président de l'Eurogroupe ». Mais, a-t-il nuancé, « une innovation plus radicale, comme la fusion du bureau du président de la Commission européenne avec le bureau du président du Conseil européen, serait sans doute une question pour le long terme ».

Bilan personnel

Dressant un bilan de ses dix années de présidence, José Manuel Barroso dit avoir « essayé de jeter les bases d'une Union européenne pragmatique, cohérente et solide ». Et, bien que « la réponse de l'Union européenne ait pu ne pas toujours suivre ses ambitions initiales, je crois que la Commission a joué et continuera de jouer un rôle essentiel. Nous avons travaillé à préserver l'unité de l'Europe, pour la maintenir ouverte et la rendre plus forte. Plus forte, parce que les économies des États membres sont de plus en plus compétitives pour affronter la concurrence mondiale. Et plus forte, parce que, au niveau européen, notre gouvernance économique et financière a été spectaculairement renforcée », a estimé le président. (SP)

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