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Bulletin Quotidien Europe N° 11075
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

La voie de la coopération entre l'UE et la Russie est de plus en plus ouverte

Réalité reconnue. Enfin ! L'apaisement entre l'Europe et la Russie n'est plus considéré comme irréaliste. Des méfiances subsistent, c'est normal, et elles sont l'apanage de ceux qui regrettent cette évolution, en Ukraine ou ailleurs. Mais la réalité est de plus en plus admise et la coopération souhaitée. Il y a deux jours, Javier Solana, secrétaire général de l'OTAN lors de la signature de l'accord historique de coopération européenne avec la Russie (1997) et ensuite, pendant une décennie (1999-2009), Haut représentant de l'UE pour la Politique étrangère et de sécurité, a déclaré: « La Russie a besoin de relations stables avec l'UE. Poutine doit moderniser l'économie de son pays, et la manière la plus facile c'est une bonne relation avec l'UE. » Et M. Solana d'ajouter qu'il garde l'espoir de voir la crise ukrainienne réglée « de façon civilisée, sans utiliser la violence ». Avant de conclure: « Il faut essayer jusqu'au bout de renouer le dialogue avec la Russie. » Ce n'est pas seulement l'opinion d'un ancien: le commandant actuel des forces de l'OTAN en Europe, le général Philip Breedlove, qui avait auparavant estimé probable l'intervention des forces armées russes en Ukraine, affirme à présent que Moscou est en mesure d'atteindre ses objectifs sans traverser la frontière. L'AFP titrait d'ailleurs récemment: « L'OTAN ne croit plus à une invasion russe. » Et dans le texte: « Il faut essayer jusqu'au but de renouer le dialogue avec la Russie. »

La guerre et la paix. Le rappel du passé contribue à la compréhension de l'évolution en cours. En 1962, la Russie avait essayé d'installer des bases pour missiles à Cuba, a quelques dizaines de kilomètres des côtes américaines ; la réaction des États-Unis avait été immédiate et radicale, et Moscou avait fait marche arrière. Plus récemment, dans l'autre sens, c'est l'OTAN qui a progressivement étendu sa présence à plusieurs pays qui faisaient partie autrefois de l'Union Soviétique. Les deux situations ne sont pas tout à fait comparables, car les pays de l'ex-URSS qui ont adhéré à l'OTAN l'ont fait spontanément ; mais il est quand-même compréhensible que Moscou ne soit pas enthousiaste de cette proximité des forces de l'OTAN à ses frontières. La compréhension doit être réciproque. Les experts ont indiqué que l'opération-Crimée avait pour la Russie une portée militaire, répondant à la nécessité de disposer d'un port dont la profondeur doit atteindre 14 mètres, nécessaire pour sa marine. On a constaté que, du côté européen et américain aussi, l'annexion de la Crimée par Poutine avait été rapidement considérée comme acquise et irréversible ; la conscience de l'aspect militaire a, de façon plus ou moins officielle, joué son rôle. La Crimée ne représente plus un élément des divergences entre Russie et Europe, ni un obstacle aux évolutions positives en cours.

Soucis des responsables de la défense. Mais ces considérations sont accompagnées par les réserves de l'OTAN et d'autres organismes qui s'occupent de défense, en Europe et encore plus aux États-Unis, préoccupés par le ralentissement des investissements dans le domaine militaire. Du côté américain, le secrétaire à la Défense Chuk Hagel avait, déjà au début du mois, proposé d'inviter les ministres des Finances et les responsables des budgets nationaux à une réunion de l'OTAN. Pourquoi ? Parce que les pays européens de l'OTAN continuent à réduire leurs dépenses militaires, pendant que celles des États-Unis représentent le triple de celles de tous les autres membres. La proposition de convoquer les ministres des Finances n'a pas été retenue, mais le problème des dépenses militaires est désormais sur la table, compte tenu notamment de l'intention de certains États membres de réduire ou de ralentir les achats d'un nouvel avion militaire (fabriqué aux USA). Ce sont des questions complexes, dont notre publication Europe Diplomatie & Défense rend compte régulièrement en détail.

L'OTAN fait son devoir et d'ici la fin de l'année des réunions sont prévues même au niveau des chefs d'État ou de gouvernement.

(FR)

 

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