Bruxelles, 08/05/2014 (Agence Europe) - Tout en maintenant la pression sur Tokyo, le commissaire Karel De Gucht a laissé entendre, jeudi 8 mai, que le Japon était en bonne voie dans ses efforts sur la levée des barrières non tarifaires, requise par l'UE dans les négociations bilatérales de libre-échange.
« Je ne serai pas trop spécifique sur les progrès du Japon: ce que je vois, c'est que leur offre tarifaire sur l'accès au marché des produits n'est pas époustouflante, mais elle est au niveau de ce que l'on peut attendre après une premier échange d'offres », a déclaré M. De Gucht, à l'issue de la réunion des ministres européens du Commerce, jeudi 8 mai à Bruxelles. « Sur les barrières non tarifaires, il y a eu des résultats, c'est de bonne augure », a-t-il ajouté, citant notamment l'accord marqué par la partie nippone sur « la vaste majorité » des réglementations UN-ECE dans le secteur de l'automobile.
Jeudi, la Commission a informé le Conseil sur les principaux éléments d'un rapport de progrès sur la mise en oeuvre par le Japon de ses engagements sur la levée des obstacles non tarifaires dans le contexte des négociations de libre-échange en cours, lancées en avril 2013. Le commissaire De Gucht a dit espérer que ce rapport sera finalisé « d'ici la fin juin », pour qu'il soit ensuite examiné sous présidence grecque par le comité d'experts au Conseil chargé de la politique commerciale.
Un strict parallélisme est établi, dans ces négociations, entre l'effort de libéralisation tarifaire de l'UE, notamment sur les importations de voitures japonaises, et la levée de 31 barrières non tarifaires au Japon, qui peuvent prendre la forme de sévères normes de sécurité et d'homologation qui protègent nombre de ses marchés (automobile, ferroviaire, médicaments ou alimentation). Prévu dans le mandat de négociation de l'UE, l'examen, après un an, des efforts nippons en matière non tarifaire peut conduire à leur suspension, si la partie européenne juge ces avancées insuffisantes.
Jeudi, M. De Gucht semblait plutôt optimiste, mais il a aussi montré qu'il ne relâchait pas la pression sur la partie japonaise. « Le sommet UE/Japon du 7 mai a rappelé le besoin d'un niveau d'ambition élevé, et que cela doit être assorti d'actions de la part de nos partenaires nippons. Je ne peux que marquer mon accord avec cela ». À l'issue du sommet mercredi, le président de la Commission, José Manuel Barroso, avait appelé à « accélérer le rythme des négociations », soulignant néanmoins la nécessité « d'injecter un haut niveau d'ambition dans tous les domaines, en particulier l'accès aux marchés pour les marchandises, incluant l'agriculture, les mesures non tarifaires, les marchés publics ou les indications géographiques ».
Négociateurs européens et nippons ont procédé à l'échange des offres sur l'accès au marché pour les marchandises, lors du cinquième round des négociations, début avril, à Tokyo (EUROPE 11054).
Les gains attendus du futur accord sont de taille, puisqu'il engendrerait une hausse du PIB de l'UE de 0,6% à 0,8%. Les exportations de l'UE vers le Japon pourraient augmenter de plus de 30%, celles du Japon vers l'UE de plus de 20%, selon la Commission. En 2012, l'UE a enregistré à l'égard du Japon un déficit de 13,5 milliards d'euros pour les marchandises, mais un excédent de près de 10 milliards d'euros pour les services. La balance des investissements était, elle, nettement déficitaire pour l'UE: en 2011, l'UE enregistrait un solde négatif pour les stocks d'investissements directs à l'étranger (FDI) de -58,4 milliards d'euros. (EH)