Bruxelles, 08/05/2014 (Agence Europe) - À près de deux semaines des élections européennes du 25 mai, François Hollande, le président français, met en garde, jeudi 8 mai, les Français contre les populismes et la tentation de « sortir de l'Europe » qui reviendrait, selon lui, à « sortir de l'Histoire ». Il plaide plutôt pour une « Europe volontaire ».
Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde au jour anniversaire de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, le chef de l'État rappelle l'avertissement solennel de François Mitterrand, dans son dernier discours devant le Parlement européen: 'le nationalisme, c'est la guerre !' « Nous en observons encore aujourd'hui la menace, aux confins de l'Ukraine et de la Russie. Alors répétons cette évidence fondatrice: l'Europe, c'est la paix ! », écrit M. Hollande.
François Hollande la juge cependant menacée par les « forces (qui) cherchent à la défaire en spéculant sur la déception, en misant sur le découragement, en exhumant les peurs ». En France, le Front national pourrait être, selon les sondages, la première force politique au soir du 25 mai. Il évoque les étrangers désignés comme des boucs émissaires, la discorde religieuse ou l'opposition des « identités nationales à l'engagement européen ».
« Sortir de l'Europe, c'est sortir de l'Histoire », plaide aussi le chef de l'État, estimant que l'abandon de l'euro serait « un piège, celui du déclin national ».
Pour autant, il reconnaît que l'Union européenne « déçoit » par « son impuissance » face au chômage ou ses « institutions et ses règles compliquées ». Mais il s'agit, selon lui, « de choisir une Europe frileuse ou une Europe volontaire ». Le président de la République oppose cette vision de l'Europe à celle d'une Europe de la 'dilution' qui repose, selon lui, sur « une vision minimale, commerciale, apolitique de l'Europe, qui ne voit en elle qu'un marché, qu'un espace monétaire sans gouvernance ». Lui-même plaide pour une Europe « qui agit là où on l'attend, qui clarifie ses modes de décision, allège ses procédures, avance plus vite avec les pays qui le veulent, se concentre sur les défis à venir ». « Cette Europe est celle qui, à partir de la zone euro, redonne de la force à l'économie, met fin à l'austérité aveugle, encadre la finance avec la supervision des banques, fait de son grand marché un atout dans la mondialisation et défend sa monnaie contre les mouvements irrationnels », ajoute-t-il. Et de conclure: « La France veut plus que le progrès de l'Europe, elle veut l'Europe du progrès ». (LC)