Bruxelles, 24/03/2014 (Agence Europe) - L'ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités espagnoles et migratoires à mettre en place des procédures pour protéger les droits des migrants, lundi 24 mars, alors que les deux pays devraient évoquer, mercredi, un mécanisme permettant l'expulsion sommaire et immédiate des migrants clandestins depuis Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles sur la côte méditerranéenne marocaine. Mécanisme que les deux parties devraient rejeter, exhorte l'ONG.
« L'expulsion de personnes hors des frontières, sans procédure régulière, ni recherche de protection, viole les lois espagnole, européenne et internationale », explique Human Rights Watch, lundi 24 mars dans un communiqué. « D'autant plus que les migrants renvoyés de force au Maroc doivent faire face à des actes de violence et à d'autres abus pratiqués par les forces de sécurité marocaines », ajoute-t-elle.
Une réunion prévue à Tanger inclura des discussions sur la façon de mettre en oeuvre l'accord bilatéral de réadmission en vigueur entre l'Espagne et le Maroc. Signé en 1992, mais opérationnel seulement depuis 2012, il prévoit des formalités réduites qui facilitent l'expulsion des ressortissants de pays tiers. Les mesures de protection des droits humains prévues par l'accord étant déjà faibles, les amoindrir reviendrait à faire un pas en arrière, a expliqué Human Rights Watch.
Début février, le ministère de l'Intérieur espagnol avait fait l'objet d'une polémique quant à la façon dont les gardes-frontières avaient repoussé des migrants à Ceuta, utilisant notamment du matériel anti-émeute (EUROPE 11030 et 11027). La commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, s'était également mêlée au débat, demandant à Madrid de faire la lumière sur ces événements au cours desquels plusieurs migrants avaient été tués. Le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernández Díaz, fait d'ailleurs l'objet d'une pétition citoyenne en Espagne demandant sa démission après ces événements. (SP)