Bruxelles, 24/03/2014 (Agence Europe) - La réunion de La Haye, qui s'improvise en plateforme diplomatique sur la crise ukrainienne, doit se concentrer sur le renforcement des normes internationales pour sécuriser les stocks de matériaux nucléaires et éviter leur utilisation par des groupes terroristes.
Une soixantaine de chefs d'État et de gouvernement et de dirigeants d'organisations internationales assistent, les 24 et 25 mars, à La Haye (Pays-Bas), au troisième sommet sur la sécurité nucléaire, dont l'objectif est d'enrayer le terrorisme nucléaire à l'échelle mondiale. En quatre réunions depuis le dernier sommet en 2012 à Séoul, les sherpas ont balisé le terrain et trois principaux sujets figurent à l'ordre du jour: la réduction et la sécurisation des stocks de matériaux nucléaires pour éviter le risque d'utilisation de bombes sales par des groupes terroristes et le renforcement de la coopération internationale.
Depuis 1993, près de 2 500 cas (dont 140 l'an dernier) de matériaux radioactifs et nucléaires manquants ou illégalement utilisés ont été signalés à l'AIEA. Deux conventions internationales encadrent à l'heure actuelle ces activités: la convention sur la protection physique des matières nucléaires et la convention pour la suppression des actes de terrorisme nucléaire. Pour réduire les risques liés à l'utilisation malveillante de matériaux nucléaires, le sommet de La Haye devrait convenir d'élever la sécurité des matériaux radioactifs au rang de priorité et inciter les États qui disposent de technologies nucléaires à dresser un inventaire de leurs filières pour garantir la traçabilité de la production, du stockage et du transport des matériaux nucléaires.
L'UE sera représentée à La Haye par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Ce troisième sommet sur la sécurité nucléaire est l'occasion de mesurer les progrès dans les efforts visant à renforcer la sécurité nucléaire dans le monde et de faire le bilan des résultats obtenus dans les quatre dernières années, depuis les sommets de Washington en 2010 et de Séoul en 2012, explique la Commission, dans un communiqué. « Nous nous réunissons à un moment où la paix et la sécurité internationales sont de nouveau en danger. Il n'y a pas de meilleur moyen que la coopération multilatérale pour relever les défis mondiaux de sécurité, tels que la prolifération nucléaire et le terrorisme. C'est mon espoir que tous les pays reconnaissent cette menace et s'attèlent à renforcer la sécurité nucléaire pour prévenir les actes de terrorisme nucléaire. L'UE va offrir sa coopération et son assistance. Nous sommes déjà un des principaux donateurs, en soutenant plus de 100 pays », commentait le président Van Rompuy à la veille du sommet. « Le renforcement de la coopération internationale est essentiel pour favoriser une culture de la sécurité nucléaire dans le monde et pour protéger nos citoyens. L'UE est à l'avant-garde de la promotion de la sécurité et de la sûreté nucléaires dans le monde entier, à la fois en termes de soutien financier et d'expertise. De plus, nous mettons en place les normes de sûreté les plus strictes dans le monde, dans chaque centrale nucléaire dans l'UE », renchérissait le président Barroso.
La crise ukrainienne va évidemment s'inviter à l'agenda du sommet, auquel le président russe, Vladimir Poutine, a renoncé à participer, déléguant son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. (EH)