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Bulletin Quotidien Europe N° 11045
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Surpêche, mesures restrictives contre le Belize, le Cambodge et la Guinée

Bruxelles, 24/03/2014 (Agence Europe) - Le Conseil de l'UE a décidé, lundi 24 mars, d'inscrire le Belize, le Cambodge et la Guinée-Conakri sur la liste des pays qui ne sont pas suffisamment actifs dans la lutte contre la pêche illicite (EUROPE 11044). « Après plusieurs avertissements, des mesures destinées à s'attaquer aux avantages commerciaux découlant de cette activité illégale vont maintenant entrer en vigueur à l'égard de ces trois pays », a commenté la Commission européenne.

En vertu de la décision adoptée, tout produit de la pêche capturé par les navires de ces trois pays sera désormais interdit à l'importation dans l'Union européenne. En outre, les navires de l'UE ne seront pas autorisés à pêcher dans leurs eaux. « C'est la première fois que des mesures de ce type sont adoptées au niveau de l'UE », rappelle la Commission. En outre, d'autres formes de coopération, telles que les opérations conjointes de pêche ou les accords de pêche avec ces pays, ne seront plus possibles non plus.

Pour Maria Damanaki, commissaire européenne à la Pêche, « ces décisions sont historiques ». « Elles prouvent que l'UE montre l'exemple en matière de lutte contre la pêche illicite », a-t-elle ajouté. Elle espère que cette inscription sur la liste noire incitera le Belize, le Cambodge et la Guinée à « intensifier leurs efforts et à coopérer avec la communauté internationale en vue d'éradiquer la pêche illicite ».

Les Fidji, le Panama, le Sri Lanka, le Togo et le Vanuatu ont également été formellement avertis en 2012. Les mesures correctives prises par ces pays sont suivies en permanence dans le cadre d'un dialogue bilatéral et un rapport de situation est attendu sous peu. Par ailleurs, la Corée, le Ghana et Curaçao ont reçu un avertissement formel en novembre 2013. En outre, l'UE poursuit le dialogue avec les trois pays recensés comme non coopérants.

Le règlement 1005/2008 établit un système communautaire destiné à prévenir, à décourager et à éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). L'approche adoptée par l'UE indique que cette pêche constitue une activité criminelle à l'échelle mondiale, qui porte préjudice non seulement aux pêcheurs de l'UE, mais aussi aux populations locales dans les pays en développement.

Les ONG applaudissent. Dans un communiqué conjoint, quatre ONG (Environmental Justice Foundation, Oceana, Pew Charitable Trusts et WWF) ont salué la décision du Conseil d'imposer des restrictions commerciales contre ces trois pays. Les ONG appellent cependant à une « plus grande transparence » dans la manière dont l'UE évalue les efforts des pays tiers pour combattre la pêche illégale. Ils demandent également à la Commission de supprimer une faille dans le règlement qui permet aux navires de pays tiers pêchant dans les eaux des pays sanctionnés par l'UE de « continuer à exporter leurs captures au sein de l'UE ». La Commission est invitée par ces ONG à travailler avec les États membres de l'UE afin de redoubler d'efforts pour éviter que le poisson pêché illégalement se retrouve dans les assiettes des consommateurs européens. Selon ces ONG, la pêche « INN » totalise comme gain entre 7 et 17 milliards de d'euros par an, ce qui représente de 11 à 26 millions de tonnes de captures. (LC)

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