login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11040
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Le torchon brûle entre Bruxelles et Moscou sur le commerce

Bruxelles, 17/03/2014 (Agence Europe) - Au-delà du dialogue de sourds sur l'accord commercial entre l'UE et l'Ukraine, la Commission déplore l'absence de progrès sur les controverses bilatérales.

La situation semble se crisper davantage entre la Commission et le gouvernement russe sur le dossier commercial. La réunion du 14 mars entre le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, et le ministre russe du Développement économique, Alexei Ulyukayev, n'a permis aucun progrès sur les questions qui fâchent l'exécutif européen, à savoir les restrictions russes aux échanges, récurrentes à l'égard de l'UE. Bruxelles perd en effet patience devant la lenteur de la Russie à se conformer à ses obligations OMC. En plus de sa plainte contre la taxe russe de recyclage des voitures, qui est déjà examinée par un groupe spécial à l'OMC (DS 462), la Commission a dans le viseur des restrictions en matière sanitaire et phytosanitaire et des hausses de tarifs sur des dizaines de produits importés, depuis l'adhésion de la Russie à l'OMC à l'été 2012.

Vendredi, M. De Gucht a réitéré son souhait de voir des progrès dans la résolution des problèmes les plus pressants auxquels font face les exportations de l'UE, en particulier l'interdiction russe d'importation de porc, étendue à toute l'UE depuis la détection d'un foyer de fièvre porcine africaine en Lituanie, fin janvier (EUROPE 11009).Un embargo « basé sur des problèmes vétérinaires présumés », a répété le commissaire à son hôte russe, déplorant que Moscou n'ait pas « montré la volonté de trouver des solutions à ce grave problème ». Plus globalement, M. De Gucht « a réitéré les préoccupations de l'UE quant au fait que, en dépit l'adhésion de la Russie à l'OMC, les autorités russes semblent reculer vers un environnement économique fermé et protectionniste », commentait vendredi son porte-parole, John Clancy.

Le fossé entre Bruxelles et Moscou reste également béant sur la question du rapprochement entre l'UE et l'Ukraine, à travers la signature d'un accord d'association incluant la création d'une zone de libre-échange. Vendredi, M. Ulyukayev a souligné les préoccupations des autorités russes, qui rêvent d'intégrer l'Ukraine dans l'union douanière entre le Belarus, le Kazakhstan et la Russie, quant à l'impact négatif d'un tel accord pour l'économie russe. Et là encore, l'incompréhension demeure. « Malgré une discussion préparatoire approfondie entre les experts, la partie russe n'a pas été en mesure de démontrer (…) des impacts économiques négatifs importants de ces accords sur l'économie russe. L'UE réaffirme une fois encore que l'accord de libre-échange avec l'Ukraine contribuera à moderniser et stabiliser l'économie de l'Ukraine, et sera un catalyseur pour stimuler le commerce entre l'Ukraine et la Russie », a commenté M. Clancy.

Cité par le média russe Interfax, M. Ulyukayev a pour sa part déclaré avoir tenté d'expliquer aux partenaires européens qu'en aucun cas la Russie n'interfèrera dans les relations entre l'UE et l'Ukraine, mais qu'elle a un certain nombre d'accords avec Kiev qui doivent être conciliés. « J'ai eu des entretiens importants et complexes aujourd'hui avec M. De Gucht. Je crois qu'il est important que nous poursuivions un dialogue, et de ne pas claquer les portes et ne pas traiter de façon émotionnelle », a commenté le ministre russe. Côté européen, la Commission se montre à bout de patience: « Les circonstances actuelles n'étant pas propices à un dialogue fructueux, aucune autre réunion n'a été planifiée », concluait M. Clancy vendredi. (EH)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE