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Bulletin Quotidien Europe N° 11037
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) numÉrique

Cyber-censure, RSF épingle des États démocratiques

Bruxelles, 12/03/2014 (Agence Europe) - À l'occasion de la Journée mondiale contre la cyber-censure, Reporters sans frontières (RSF) a publié, mercredi 12 mars, son rapport annuel sur « Les ennemis d'Internet » qui identifie les États bafouant les libertés sur Internet. Si l'on y retrouve sans surprise des pays comme la Chine, l'Iran, la Corée du Nord et la Russie, l'organisation inclut cette année 31 institutions, « peu connues, mais souvent au centre des systèmes de surveillance ou de censure de nombreux États ». Ceci afin de « mettre en évidence la schizophrénie de certains pays lorsqu'il est question des libertés en ligne ». Parmi ces institutions, trois appartiennent à des démocraties qui se veulent traditionnellement respectueuses des libertés fondamentales, dont un État européen, le Royaume-Uni, avec le Government Communications Headquarters (GCHQ), les États-Unis, avec la National Security Agency (NSA), et l'Inde, avec le Centre de développement des télématiques. La NSA et le GCHQ en particulier ont espionné les communications de plusieurs millions de citoyens, dont de nombreux journalistes, introduit sciemment des failles de sécurité dans les matériels servant à acheminer les requêtes sur Internet et piraté le coeur même du réseau dans le cadre des programmes Quantum Insert pour la NSA et Tempora pour le GCHQ. « Internet étant un bien commun, la NSA et le GCHQ en ont fait une arme au service d'intérêts particuliers, bafouant au passage la liberté d'information, la liberté d'expression et le droit à la vie privée », dénonce RSF. Le rapport met aussi en évidence les nombreux instruments via lesquels la censure intervient dans les différents États: les sociétés de surveillance et les collaborations entre États (Éthiopie, Russie et Belarus notamment), les agences de protection du territoire (Arabie saoudite, Soudan), les cadres juridiques liberticides (en vigueur au Vietnam, en Gambie et au Bangladesh) ou encore l'imposition de licences pour les sites d'information (comme à Singapour et en Ouzbékistan). À l'heure où la Commission européenne se dit attachée à la transparence d'Internet et à une conception d'Internet qui reste « au service des libertés fondamentales et des droits humains » (EUROPE 11017), RSF donne les conseils suivants pour préserver la liberté de l'information en ligne, si précieuse: 1) agir au niveau des institutions internationales pour renforcer le cadre juridique relatif à la surveillance d'Internet, à la protection des données et à l'exportation de matériel de surveillance informatique ; 2) former les acteurs de l'information à la protection de leurs données et communications ; 3) continuer à informer sur les pratiques de surveillance et de censure. (IL)

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