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Bulletin Quotidien Europe N° 11037
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Référendum en Crimée, la Russie appelée à faire marche arrière

Bruxelles, 12/03/2014 (Agence Europe) - Les dirigeants des pays du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, États-Unis) et les présidents du Conseil européen (Herman Van Rompuy) et de la Commission européenne (José Manuel Barroso) ont appelé, mercredi 12 mars, la Russie à « cesser immédiatement les actions visant à soutenir la tenue d'un référendum sur le territoire de la Crimée en ce qui concerne son statut, (car ceci est ) en violation directe de la constitution ukrainienne ».

Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe, le président français, François Hollande, « a demandé au président Vladimir Poutine de tout faire pour éviter un rattachement de la Crimée à la Russie, qui serait une annexion inacceptable pour la communauté internationale », a indiqué la présidence dans un communiqué. À quatre jours du référendum prévu dimanche par les autorités séparatistes pro-russes de Crimée sur le rattachement de cette péninsule à la Russie, M. Hollande a souligné que cette consultation, « dont les préparatifs se poursuivent dans la plus complète opacité, n'a aucune base légale ». M. Hollande a également fait valoir qu'il était encore temps d'éviter une escalade inutile et dangereuse.

Le G7 a demandé à la Russie de cesser tous les efforts visant à modifier le statut de la Crimée, car ceci est contraire au droit international. « Un tel référendum n'aurait aucune valeur juridique. Étant donné le manque de préparation adéquate et la présence intimidante des troupes russes, ce serait également un processus entaché d'irrégularités qui n'aurait aucune force morale », explique le G7. « Pour toutes ces raisons, nous ne reconnaîtrions pas le résultat », ajoutent les dirigeants.

Le G7 brandit la menace de nouvelles sanctions contre la Russie si celle-ci venait à annexer la Crimée car cela s'apparenterait à « une violation flagrante de la Charte des Nations unies, entre autres » et « pourrait avoir de graves conséquences pour l'ordre juridique qui protège l'unité et la souveraineté de tous les États », en plus de l'impact sur l'unité, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. « Si la Fédération de Russie prend une telle mesure, nous allons prendre d'autres mesures, individuellement et collectivement », ont averti les membres du G7. Lors d'un débat au Parlement européen, le commissaire européen à l'Élargissement, Stefan Füle, et le ministre grec des Affaires étrangères, Dimitris Kourkoulas, ont annoncé que l'UE ne reconnaîtrait pas le résultat du référendum du 16 mars en Crimée, référendum considéré comme illégal et illégitime.

Soutien du PE aux sanctions contre la Russie

Lors de ce débat, les députés européens ont aussi dénoncé l'« invasion » de la Crimée par la Russie et la tenue du référendum « illégitime ». Ils ont aussi apporté leur soutien à des sanctions de l'UE. « Il faut une action cohérente et efficace, internationale, pour que la Russie fasse marche arrière dans son objectif d'annexion de la Crimée », a souligné l'Espagnol José Ignacio Salafranca, au nom du PPE, appelant à une médiation mais aussi à des sanctions si la situation ne s'améliore pas. Pour le Néerlandais Johannes Cornelis Van Baalen, s'exprimant au nom de l'ADLE, « dans une semaine, peut-être deux, on verra que la Russie nous mettra devant le fait accompli en Crimée ». Les deux branches du parlement russe se sont préparées pour l'annexion illégale de la Crimée, a-t-il ajouté.

« Poutine veut imposer par les armes un faux référendum », a dénoncé Charles Tannock (CRE, britannique), ajoutant que le comportement de la Russie « n'est pas acceptable » et qu'il faut imposer des sanctions. Pour Pawe³ Robert Kowal (CRE, polonais), il n'y a que les sanctions qui feront bouger M. Poutine. Si la diplomatie est la bonne voie, la Russie s'y refuse, a regretté Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande), qui a précisé qu'« il faut préparer les sanctions, montrer que l'on ne veut pas toucher le peuple russe mais ceux qui sont coupables ».

Adrian Severin (non inscrit, roumain) a appelé à l'envoi de forces européennes de maintien de la paix sur place. « La guerre civile peut éclater à n'importe quel moment. Nous parlons beaucoup mais nous agissons peu. Une conférence du G8 devrait être organisée de toute urgence pour préserver la paix », a proposé Rolandas Paksas (ELD, lituanien).

Plusieurs députés, comme le président du groupe S&D au PE, l'Autrichien Hannes Swoboda, ont aussi appelé à l'organisation rapide d'élections présidentielles mais aussi législatives. (CG)

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