Bruxelles, 03/03/2014 (Agence Europe) - Après les fraudes qui ont secoué l'industrie de la viande (viande de cheval utilisée à la place de la viande de boeuf), des ONG et centres de recherche (BLOOM, Oceana, INSERM, Musée national d'histoire naturelle) ainsi que le magazine TerraEco ont mené une enquête dans le secteur du poisson et des fruits de mer en France.
Par comparaison à des études similaires réalisées dans les pays de l'UE où des niveaux élevés de fraudes dans le secteur ont été relevés (32% tous produits confondus en Italie, 30% pour le merlu en Espagne, 19% pour le cabillaud en Irlande), le taux de substitution d'espèces est faible en France (3,5%) et au Royaume-Uni (6%), selon les auteurs de cette étude.
Il incombe aux États membres de vérifier ces informations et, si elles le jugent nécessaire, de saisir la Commission européenne, selon des sources.
Pendant un an, dix régions françaises ont été étudiées et près de 400 échantillons ont été récoltés dans les grandes surfaces, poissonneries, restaurants. Les enquêteurs ont noté qu'aucun cas de fraude n'a été détecté sur des espèces comme le colin d'Alaska, le bar, le lieu noir, la lotte et le merlan. Le cabillaud, en revanche, était remplacé dans 4,2% des cas (6 échantillons sur 143) par de l'églefin ou du merlu, des espèces de valeur commerciale inférieure.
Le thon rouge sous les projecteurs
La fraude est en revanche très élevée en ce qui concerne une espèce emblématique: le thon rouge. Quatre des cinq échantillons (soit 80%) mentionnant 'thon rouge' se sont ainsi avérés cacher une autre espèce de thon: du thon albacore ou du thon obèse, soit deux espèces moins chères. Sur les 119 échantillons prélevés sur des produits surgelés et des plats préparés, aucun cas de fraude n'a été détecté. En revanche, les problèmes surviennent avec le poisson frais vendu en filet: 8% des filets frais vendus en poissonnerie et 4% des filets vendus au rayon poissonnerie des supermarchés ne correspondent pas à l'étiquette. Au restaurant, la fraude à l'étiquetage intervient dans 4% des cas. (LC)