Bruxelles, 03/03/2014 (Agence Europe) - Le Portugal voit se consolider sa reprise économique et semble bien parti pour parvenir à l'objectif de réduction du déficit de 4% du PIB en 2014. Ces appréciations positives ont été émises vendredi 28 février par les créanciers internationaux du Portugal (Commission/BCE/FMI) au terme d'une 11ème évaluation sur place. La 'troïka' a donné à cette occasion un nouveau feu vert au pays qui recevra une nouvelle tranche de 2,5 milliards d'euros de son programme d'aide négocié en 2011 (78 milliards). Un satisfecit qui intervient alors que le pays doit sortir à la fin mai de son programme d'assistance et se relancer pleinement sur les marchés.
Dans son rapport, la 'troïka' observe notamment que la reprise économique s'accélère, la croissance du PIB pour 2014 étant désormais fixée à 1,2%, contre 0,8% auparavant. La bonne tenue des exportations en est l'une des raisons. Le chômage devrait aussi baisser, passant à 15,7% de la population active, soit une amélioration de 1,1% par rapport aux prévisions antérieures.
Le déficit budgétaire reste estimé à 4,5% du PIB pour 2013 (en ayant exclu la recapitalisation de Banif, précisent les créanciers), se situant bien en deçà des premières estimations. La 'troïka' attribue ce 'succès' à des recettes fiscales meilleures que prévu via un meilleur contrôle des dépenses ou une réduction du déficit de la sécurité sociale.
L'endettement du Portugal, qui a atteint 129% du PIB à la fin 2013, reste « élevé, mais est soutenable, à condition que l'élan des réformes soit maintenu au-delà du programme d'aide », a aussi prévenu la 'troïka'.
Les créanciers n'oublient pas que le programme reste toujours soumis aux aléas extérieurs, notamment politiques. « Une vaste entente politique sur la poursuite de la rigueur budgétaire et des réformes structurelles » devrait faciliter un plein retour du Portugal sur les marchés, ont ainsi insisté les créanciers.
Arrivés sur place le 20 février, les créanciers devaient passer au crible de nouvelles mesures d'austérité du budget 2014, dont des coupes supplémentaires dans les retraites et la hausse des cotisations d'assurance maladie des fonctionnaires. L'opposition de gauche a, elle aussi, prévenu vendredi qu'elle comptait à nouveau saisir la Cour constitutionnelle, si le président du pays, Anibal Cavaco Silva, décidait de promulguer le budget rectificatif contenant ces mesures contestées. (SP)