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Bulletin Quotidien Europe N° 11030
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INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Les socialistes européens dans les 'starting blocks'

Rome, 03/03/2014 (Agence Europe) - Les socialistes européens sont désormais en ordre de marche: ils ont adopté à l'unanimité leur manifeste, samedi 1er mars, lors du congrès du Parti socialiste européen (PSE), qui s'est tenu à Rome. Ils ont également placé leur confiance en l'actuel président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, pour être le visage de leur campagne et, ils l'espèrent, le prochain président de la Commission européenne.

Sur 404 votes valides, M. Schulz a recueilli 368 voix pour, deux contre et 34 abstentions. Alors que le vote était secret, le journal britannique The Guardian a prétendu que le parti socialiste britannique, the Labour party, s'était prononcé contre sa candidature. Le président des travaillistes, Ed Miliband, a d'ailleurs été l'un des seuls absents à ne pas lui adresser ses voeux par message vidéo.

Le PSE promet de rompre avec la stratégie de la droite européenne qui « a créé une Europe de peur et d'austérité », comme on peut le lire dans le manifeste. Face à la colère des citoyens, « il ne faut pas dire non à l'Europe mais se battre pour une meilleure Europe », a affirmé M. Schulz. Pour le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, il faut « convaincre les citoyens que le vote ne doit pas exprimer seulement la déception et la colère mais doit porter une alternative ».

L'emploi est la priorité du PSE. « L'héritage des politiques économiques menées ces cinq dernières années » est brutal, 27 millions d'Européens sont sans emploi. « Nous devons convaincre les citoyens que notre Europe n'est pas celle de l'austérité et du chômage », a déclaré le vice-Premier ministre grec, Evangelos Venizelos. Le PSE entend mettre en oeuvre totalement la 'garantie jeunes', étendre son budget et son accès à tous les jeunes âgés de moins de 30 ans. La lutte contre le dumping social est également une priorité.

Austérité, clap de fin ? « Mais nous devons être responsables budgétairement, il ne faut pas laisser » aux futures générations « le poids la dette », a expliqué le Premier ministre belge, Elio Di Rupo. Le PSE entend poursuivre la consolidation budgétaire d'une manière « soutenable et juste », indique le manifeste. Joseph Muscat, Premier ministre maltais, a expliqué que les gouvernements de gauche étaient « capables de gérer les finances publiques de la manière la plus saine ». Le PSE entend donner plus de marge de manoeuvre aux États pour leur permettre d'investir dans la recherche, l'éducation, l'innovation et la réindustrialisation intelligente. « Je veux une Europe où un pays ne peut pas s'imposer face aux autres du fait de sa puissance économique », a déclaré M. Schulz. S'exprimant sur le cas de l'Italie, le nouveau Premier ministre italien, Matteo Renzi, a expliqué sa volonté d'améliorer la situation de sa dette publique, « pas parce qu'une institution internationale nous le demande », mais car c'est « une question de dignité ».

Les socialistes et démocrates veulent également mutualiser « les responsabilités et les droits ». Le Premier ministre bulgare, Plamen Oresharski, a appelé à plus d'intégration et de solidarité. Le PSE reprend à son compte la demande qu'entend formuler le PE dans un rapport d'initiative qui sera voté en mars, quant à l'avenir de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI), active dans les pays sous assistance financière. Les socialistes et démocrates appellent à la mise en place d'un instrument communautaire à la place de la troïka. Enfin, ils se donnent pour objectif de réduire de moitié l'évasion fiscale d'ici 2020. Quant au secteur financier, ils entendent boucler sa régulation. Le PSE veut accélérer la mise en oeuvre de la taxe sur les transactions financières (TTF) à laquelle participeront onze pays. Le parti insistera pour qu'une agence de notation publique européenne soit mise en place. La Commission doit en principe revenir avec des idées après la réforme adoptée l'année dernière.

Le PSE est favorable à la séparation des activités bancaires: « On peut séparer les banques de détails de la spéculation, on peut mettre un terme à la spéculation dangereuse », selon M. Schulz. Pour rappel, la Commission a fait récemment une proposition en ce sens. L'idée du PSE est de remettre le système bancaire au service de l'économie.

Une Europe sociale. Les socialistes entendent se battre pour imposer un salaire minimum en Europe. Le président du PSE, Sergei Stanishev, a appelé à une « Europe qui ne laisse tomber personne ». M. Schulz a dit que la bataille pour un salaire égal entre hommes et femmes deviendrait la sienne. « Je veux que ma fille ait les mêmes chances que mon fils », a-t-il déclaré. Le PSE veut une Europe de la diversité, notamment via la solidarité entre États face à la migration et le partage des responsabilités. Le parti insiste sur la protection des données personnelles des citoyens.

Enfin, l'UE doit être celle des citoyens. Si l'Autrichien Hannes Swoboda, président du groupe S&D au PE, a refusé d'entendre parler de coalition avant les élections, le président du SPD allemand, Sigmar Gabriel, a quant à lui souligné que, pour la première fois, le président de la Commission serait directement élu par les citoyens, un « tournant démocratique » selon lui. M. Schulz est prêt à voir certaines compétences redescendre au niveau local. Sur la scène internationale toutefois, le PSE veut voir l'UE parler d'une voix forte. (EL)

 

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