Bruxelles, 03/03/2014 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Énergie examinent, mardi 4 mars, le projet de cadre pour les politiques de l'UE en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030 et l'analyse préparée par la Commission sur les prix et coûts de l'énergie en Europe.
Aucune décision formelle n'est attendue lors de ce premier Conseil Énergie sous présidence grecque, mais les deux échanges de vues prévus alimenteront le débat du Conseil européen des 20-21 mars. La question de la compétitivité industrielle et du renforcement du secteur manufacturier de l'UE, qui sera l'un des thèmes phare de la prochaine réunion des dirigeants européens, nécessite en effet une lecture à travers les prismes d'une analyse des prix et coûts de l'énergie comme du cadre politique 2030 pour l'énergie et le climat.
Cadre Climat/Énergie 2030. Au lendemain du débat sur le même sujet dans le cadre du Conseil des ministres de l'Environnement (voir autre nouvelle), le Conseil Énergie du 4 mars se penchera à son tour sur le projet de cadre d'action en matière de climat et d'énergie pour 2020-2030, mis sur la table par la Commission en janvier dernier (EUROPE 11002), dans le cadre d'un débat public d'orientation. Ce projet de cadre repose notamment sur un objectif contraignant d'une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 (à atteindre seulement par des mesures nationales) et un objectif d'au moins 27% d'énergies renouvelables, tandis qu'un nouvel objectif d'efficacité énergétique est subordonné à la révision de la directive « efficacité énergétique » au courant de cette année. Le cadre proposé par l'exécutif européen prévoit aussi la création d'une réserve permanente de quotas pour réformer durablement l'ETS à compter de 2021 et d'un nouveau système de gouvernance.
Les ministres sont invités à examiner ce cadre sous l'angle de la politique énergétique, afin d'assurer la complémentarité avec le débat des ministres de l'Environnement, et à exprimer leur position générale sur le cadre 2030, sur le nouveau système de gouvernance et sur la série d'indicateurs proposés, pour assurer un suivi du dossier et définir les éventuelles mesures à prendre.
Prix et coûts de l'énergie. Les ministres auront un débat public d'orientation sur l'analyse, préparée à la demande du Conseil européen de mai 2013 et dévoilée en janvier dernier, en même temps que le 'cadre 2030', sur la structure des prix et des coûts de l'énergie en Europe et les facteurs qui les déterminent. Le but de cette analyse est d'aider les décideurs politiques à comprendre le contexte des récentes hausses des prix, leur impact sur les consommateurs d'énergie et leurs conséquences politiques. Le document met l'accent sur les prix et les coûts du gaz et de l'électricité, et notamment sur l'incidence qu'ils ont sur l'accès des citoyens à une énergie à un prix stable et abordable et sur la compétitivité industrielle de l'Europe.
L'analyse établit que les prix de l'énergie sont en hausse dans presque tous les États membres depuis 2008, essentiellement en raison des impôts et des prélèvements, mais aussi du fait de la hausse des coûts de réseau. La comparaison à l'échelle internationale met en exergue une hausse des écarts de prix entre l'UE et ses grands partenaires commerciaux (les prix du gaz dans l'UE sont 3 à 4 fois supérieurs à ceux des États-Unis, de l'Inde et de la Russie, et les prix de l'électricité atteignent plus du double des prix en vigueur aux États-Unis et en Russie et sont de 20% supérieurs à ceux en vigueur en Chine) nuisible pour la compétitivité de l'Europe, en particulier pour ses industries énergivores. Il montre aussi que, si les énergies fossiles restent un facteur clé de la formation des prix de l'électricité et du gaz, le prix du carbone fixé par l'ETS n'a pas d'impact statistique sur les prix de détail de l'électricité. En revanche, les subventions aux renouvelables sont un facteur de hausse du prix de l'électricité. En conclusion, la Commission souligne que la hausse des prix de l'énergie peut être en partie compensée par des politiques énergétiques et climatiques efficaces sur le plan des coûts, par des marchés de l'énergie concurrentiels et un marché intérieur plus intégré et par des mesures d'amélioration de l'efficacité énergétique, comme le recours à des produits plus économes.
La présidence grecque a prévu d'orienter le débat sur la base de questions relatives à l'écart entre les prix de gros en baisse et les prix de détail en hausse, aux différences entre États membres en matière de constitution des prix et des coûts et en matière d'intensité énergétique des ménages et des entreprises ainsi qu'aux mesures à prendre pour réduire les coûts de l'énergie. (EH)