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Bulletin Quotidien Europe N° 11030
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Possibles mesures contre la Russie, Conseil européen ce jeudi

Bruxelles, 03/03/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne a menacé, lundi 3 mars, de remettre en cause ses relations avec la Russie en l'absence de 'désescalade' en Ukraine.

« En l'absence de mesures de désescalade de la part de la Russie, l'UE devrait décider des conséquences sur les relations bilatérales entre l'UE et la Russie », ont indiqué les ministres européens des Affaires étrangères dans une déclaration, à l'issue d'une réunion d'urgence sur la crise ukrainienne. Le texte évoque des conséquences sur « les discussions bilatérales avec les autorités russes sur les visas », de même que sur un nouvel accord de coopération.

« S'il n'y a pas de mesures rapides et concrètes de désescalade, toute une série de contacts seront coupés », a confirmé le ministre français, Laurent Fabius. Il a cité « la suspension des discussions sur les visas et les accords économiques ». « S'il n'y a pas de désescalade avant jeudi, ces mesures prendront effet », a-t-il affirmé, en confirmant qu'un sommet des chefs d'État et de gouvernement se tiendra jeudi. « En même temps, on souhaite que la Russie se prête à un dialogue » avec l'Ukraine, a-t-il poursuivi.

« Si la Russie ne décide pas de contribuer de manière crédible et rapide à la désescalade, nous devrons prendre des décisions qui affecteront nos relations avec la Russie », a déclaré son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.

En arrivant au Conseil, le ministre néerlandais, Franz Timmermans, a précisé que si les sanctions n'étaient pas à l'ordre du jour, elles deviendront inévitables si la confrontation continue. « Il y aura des conséquences pour nos relations si la confrontation continue », a-t-il souligné, expliquant que le comportement de la Russie la semaine dernière est « inacceptable ». Il a appelé Moscou à trouver une solution diplomatique. M. Livingstone a précisé que si la Russie continue, cela aura un « coût ». Avant d'arriver à Bruxelles, le Polonais Radoslaw Sikorski a eu des mots très durs. « Nous savons que chez les rapaces l'appétit vient en mangeant. L'enjeu pour le monde libre est de s'opposer à cette logique », a-t-il expliqué, ajoutant que « la Russie subira de graves conséquences pour son intervention en Ukraine ».

Dans leurs conclusions, les ministres devaient condamner « l'agression militaire » de la Russie, rappelant qu'elle doit respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine. « Le prix de la souveraineté de l'Ukraine ne peut pas être la Crimée », a expliqué le Luxembourgeois Jean Asselborn. « Nous sommes forts dans notre condamnation de ce qui est une agression russe contre l'Ukraine, vue comme une occupation de la Crimée », a expliqué le Suédois Carl Bildt à son arrivée au Conseil. Il a souligné que la solution politique qui doit être cherchée doit être basée sur le retrait des forces russes et le retrait des menaces d'une invasion de l'Ukraine toute entière.

Ainsi, l'UE appellerait Moscou « au retrait immédiat de ses forces armées dans leurs zones de stationnement permanent » et à « accepter sans délai la demande de l'Ukraine d'organiser des consultations ». Pour le Lituanien Linas Linkevicius, « sans dialogue direct il sera difficile d'avoir une désescalade ». « Le refus des Russes à avoir des contacts directs (avec le gouvernement ukrainien) est profondément inquiétant », a expliqué M. Livingstone. Des contacts directs « peuvent aider à amoindrir les tensions. Il faut entrer en action avec une mission OSCE et les deux parties doivent parler », selon M. Steinmeier. Les conclusions appelleraient l'Ukraine au respect des droits des minorités.

Les conclusions du Conseil font aussi référence au G8, alors que les membres du G7 (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et États-Unis, Canada et Japon) ont décidé, durant le weekend, « de suspendre provisoirement notre participation aux activités liées à la préparation du sommet du G8 prévu à Sotchi en juin, jusqu'à ce que le climat redevienne propice à des discussions constructives au G8 ».

Conseil européen jeudi

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE se réuniront jeudi 5 mars pour un Conseil européen consacré à l'Ukraine. Ils discuteront des derniers développements en Ukraine et de comment faciliter la nécessaire désescalade de la situation. (CG)

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