Bruxelles, 14/02/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a protesté vendredi 14 février contre les violences commises par la police espagnole contre les migrants aux frontières avec les enclaves de Ceuta et Melilla et a demandé « des explications » à Madrid. Comme elle l'avait fait après le naufrage survenu en janvier en Grèce près de l'île de Farmakonisi, à quelques kilomètres des côtes turques, qui avait fait 12 disparus, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a appelé vendredi 14 février les autorités espagnoles à faire toute la lumière sur de possibles refoulements de migrants dans les enclaves de Ceuta et Melilla et sur l'utilisation de matériel anti-émeute.
Il y a déjà plus d'une semaine, au moins douze clandestins se sont noyés en tentant de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta, ces personnes faisant partie d'un groupe de 200 personnes. Vingt-trois personnes ont fait l'objet d'un retour sommaire vers le Maroc, accusent plusieurs ONG. Les autorités espagnoles ont, à cette occasion, utilisé du matériel anti-émeute pour empêcher les migrants d'atteindre Ceuta, ce qu'a confirmé le 13 février le ministre de l'Intérieur Jorge Fernández Díaz.
Le gouvernement espagnol a toutefois rejeté le fait que ce retour vers le Maroc soit une opération de refoulement, violant la loi internationale. Tout en admettant que les migrants avaient réussi à joindre la plage espagnole de El Tarajal à Ceuta, le ministre de l'Intérieur a expliqué qu'ils n'avaient pas rejoint le territoire espagnol en passant la ligne de contrôle et que, de ce fait, « les législations espagnoles et européennes n'étaient pas applicables », rapportent dans un communiqué l'ECRE (European Council on Refugees and Exiles) et le CEAR (Comisión Española de Ayuda al Refugiado).
C'est cette confirmation par le ministre espagnol qui a, semble-t-il, fait réagir la commissaire Malmström. Le porte-parole de Mme Malsmström ont rappelé vendredi que s'il revient aux Etats membres de surveiller leurs frontières, toute mesure de surveillance doit être « proportionnée » et en respect avec le principe de non-refoulement. La Commission considère que « les autorités espagnoles ont le devoir d'évaluer les circonstances de l'incident de Ceuta », Mme Malmström se disant très inquiète par la confirmation du ministre Diaz que du matériel anti-émeute a bien été utilisé, des balles en caoutchouc par exemple. La commissaire a brandi la menace de l'ouverture d'une procédure d'infraction et a dit attendre des explications de la part de Madrid sur ce « problème sérieux ». (SP)