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Bulletin Quotidien Europe N° 11019
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Les relations UE-Russie approchent du moment de vérité (Lavrov)

Bruxelles, 13/02/2014 (Agence Europe) - « Les relations Russie-UE ont atteint le moment de vérité », a souligné le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, dans des tribunes publiées le 12 février dans Kommersant et New Europe. « Aujourd'hui, l'Europe n'est plus le centre de la politique et de l'économie mondiale et doit compter avec l'arrivée d'autres centres de force et d'influence », a-t-il ajouté. « Réfléchir aux raisons qui poussent certains de nos partenaires occidentaux (...) à s'appliquer sans délicatesse à inclure (l'Ukraine) dans leur espace géopolitique, amène inévitablement à des questions fondamentales sur les relations entre l'Union européenne et la Russie ».

L'UE tente de créer une zone d'influence en Ukraine

Il a reproché aux Occidentaux, de ne pas laisser l'Ukraine choisir, lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, le 14 février. « En pressant l'Ukraine d'aller d'un côté, et en l'avertissant qu'il faut choisir soit l'un soit l'autre, d'être soit avec l'UE soit avec la Russie, l'UE montre que dans le fond elle essaie de créer une sphère d'influence », a-t-il expliqué. « Il n'est pas tout à fait correct, pas tout à fait poli, quand on parle de liberté de choix, d'envoyer chaque jour des émissaires », a-t-il expliqué, alors que le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, rentre de sa troisième visite à Kiev en trois semaines et que la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, y était la semaine dernière. « Ils viennent à Kiev sans avoir été invités et tentent de persuader les dirigeants ukrainiens de faire le choix promu par l'UE et les États-Unis », a-t-il ajouté.

Ainsi, selon lui, dans New Europe, « nos partenaires occidentaux ont déjà fait le choix pour les Ukrainiens et ne sont pas prêts à attendre que les citoyens de ce pays résolvent la question de leur avenir constitutionnel, d'une manière démocratique ». Dans Kommersant, il a considéré qu'« une situation, où le processus démocratique est remplacé par une 'démocratie de rue', où l'opinion de quelques milliers de manifestants qui tentent d'exercer une pression sur le gouvernement est considérée comme la 'voix du peuple', ne peut pas être considérée comme acceptable ». « Il est peu probable qu'une déstabilisation de la situation dans un État situé au centre du continent européen puisse répondre aux intérêts de qui que ce soit », a expliqué M. Lavrov.

Selon le ministre, pour développer la coopération « continue et ciblée » entre l'UE et la Russie, « nous devons comprendre si nous voulons continuer sur la voie de la réalisation des objectifs ambitieux de partenariat stratégique. Sinon, nous allons trébucher à chaque pas en raison du manque de direction claire », a-t-il poursuivi dans New Europe, rappelant qu'un « nouveau niveau de partenariat ne peut être atteint que sur la base de l'égalité et du respect mutuel ». « Les guerres d'information ne vont pas aider, nous avons besoin d'un véritable leadership et de la sagesse politique », a-t-il ajouté. (CG)

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