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Bulletin Quotidien Europe N° 11002
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) industrie

La Commission prône une renaissance industrielle

Bruxelles, 22/01/2014 (Agence Europe) - L'exécutif européen cible des mesures immédiates à prendre par les Vingt-huit pour renforcer la base industrielle de l'UE et porter à 20% sa contribution au PIB.

À travers une communication adoptée le 22 janvier, assortie de domaines d'action, la Commission exhorte le Conseil et le Parlement européen à se mobiliser en faveur d'une renaissance industrielle en Europe. L'idée étant de prendre des mesures urgentes pour prêter main forte à un secteur manufacturier à la fois fort à l'exportation sur le marché mondial pour ses produits à forte valeur ajoutée et en souffrance face à une féroce concurrence mondiale et des prix de l'énergie en hausse pour ses produits issus de l'industrie traditionnelle. Et en intégrant les questions de compétitivité industrielle dans l'ensemble des domaines d'action politique.

« Je ne crois pas au fatalisme économique qui condamnerait nos industries à être moins compétitives que celles de nos partenaires. Le secteur industriel est porteur de dynamisme », a assuré le chef de l'exécutif européen, José Manuel Barroso, venu parrainer les propositions du commissaire Antonio Tajani. « Ce dont nous avons besoin, c'est d'une réponse politique », a-t-il insisté, appelant les États membres à se saisir de cette question et « prendre des décisions concrètes » lors du prochain sommet européen des 20 et 21 mars.

Aux yeux de la Commission, la crise a mis en évidence l'importance d'une base industrielle solide pour résister aux pressions économiques. Loin de se cantonner aux activités manufacturières, l'industrie est en interaction avec tout le tissu économique européen, que ce soit pour les matières premières et l'énergie, les services aux entreprises (logistique), les services aux consommateurs (services après-vente pour les biens d'équipement) ou le tourisme, rappelle-t-elle. L'industrie compte pour plus de 80% des exportations et des efforts de R&D et d'innovation de l'UE, et elle regroupe près de 25% des emplois du secteur privé, avec un effet d'entraînement de création de 0,5 à 2 emplois dans d'autres secteurs. Mais sa contribution au PIB de l'UE a néanmoins continué de reculer, pour s'établir, à l'été 2013, à 15,1%. Soit un niveau nettement inférieur à l'objectif des 20% en 2020 que la Commission avait fixé en 2012.

Parmi les pistes d'actions à mener dans le cadre d'une approche intégrée, la Commission cible en premier lieu l'accès vital au financement public et privé, et notamment aux fonds européens. Pour favoriser l'investissement et l'innovation, elle préconise le déploiement et la mise en oeuvre des instruments financiers de l'UE faisant intervenir les programme COSME et Horizon 2020 ainsi que les fonds structurels (100 milliards d'euros au moins de fonds régionaux). Elle prône aussi le rétablissement de conditions de prêt normales pour l'économie réelle, la BEI devant, à cet égard, insister davantage sur les projets industriels et les prêts à l'innovation.

L'exécutif européen presse aussi les Vingt-huit de s'attaquer au problème récurrent des obstacles administratifs à la création et au développement des entreprises, via la simplification du cadre réglementaire et l'amélioration de l'efficacité de l'administration publique aux niveaux européen, national et régional.

Des mesures sont également recommandées pour optimiser le potentiel du marché intérieur, tant en parachevant le marché des services qu'en développant des infrastructures nécessaires dans les transports et les télécommunications, et pour favoriser l'accès aux matières premières et à l'énergie.

Au plan extérieur, la Commission préconise des actions pour faciliter l'intégration des entreprises européennes, en particulier les PME, dans les chaînes de valorisation mondiales, et leur ménager un accès aux marchés mondiaux à des conditions plus favorables, notamment via des accords de libre-échange.

Enfin, l'appel de la Commission ne néglige pas la dimension environnementale. « On peut organiser le mariage entre la politique industrielle et la politique environnementale », a insisté le commissaire Tajani mercredi, peu après que l'exécutif européen a proposé de doubler l'objectif de l'UE de réduction des émissions de carbone de 20 à 40% d'ici 2030 pour poursuivre sa politique climatique. « Le coût de l'énergie est un grand problème qu'il faut résoudre par plus d'Europe, avec une politique climatique fortement engagée », a-t-il ajouté, appelant à investir en priorité dans les produits biotechnologiques et des véhicules écologiques. (EH)

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