Bruxelles, 22/01/2014 (Agence Europe) - Les négociations UE-Maroc sur le commerce (accord approfondi, ALECA, EUROPE 11001) ont démarré cette semaine à Rabat et les observateurs retiennent que ce troisième round offre la particularité d'impliquer directement les opérateurs économiques. Cela s'explique, selon un éditorial du principal journal économique marocain, L'économiste, par le fait que « ces nouvelles négociations vont bousculer pas mal d'habitudes au Maroc. Et dans toutes ces habitudes, il n'y a pas que de damnées rentes de situation ».
Tout en marquant l'intérêt de nouer des relations aussi fortes avec l'UE, voisin riche et gros consommateur, le journal marque cependant des réserves: l'approbation « ne veut pas dire qu'il faut s'interdire d'avoir des avis et des options un peu divergentes ». Il affirme ainsi que « le monde des affaires a été choqué de découvrir que Rabat n'avance aucune étude préalable alors que l'UE occupe l'espace médiatique avec ses propres données ». Le problème serait « le fait que Rabat ne propose rien ». En outre, « il a fallu que le gouvernement change pour que la CGEM (Confédération des entreprises marocaines - NdlR) soit réembarquée dans l'affaire ».
Pour L'économiste, « le traitement égalitaire sur les marchés publics, le droit d'établissement, le besoin de moderniser le cadre des professions protégées (médecins, avocats, architectes, comptables…) sans compter le désarmement des produits agricoles sensibles ou l'interpénétration des assurances et des banques » vont faire que les Marocains, entreprises comme gouvernants, vont devoir modifier leurs « habitudes », sans aller plus loin dans la précision. (FB)