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Bulletin Quotidien Europe N° 11002
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

L'UE menace l'Ukraine de sanctions en raison des violences

Bruxelles, 22/01/2014 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a menacé, mercredi 22 janvier, l'Ukraine de sanctions alors que des affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre se poursuivent. Deux hommes ont été tués par balles dans le centre de Kiev, théâtre de violents affrontements entre la police et les manifestants. Depuis le 19 janvier, près de 200 personnes ont été blessées et 80 policiers hospitalisés, selon le ministère de l'Intérieur.

« Nous allons continuer à suivre de très près ces développements et à évaluer de possibles actions par l'Union européenne et les conséquences pour nos relations avec ce pays », a-t-il affirmé. Il a cependant estimé qu'il était prématuré de dire « quelles pourraient être ces actions », ajoutant que les Européens avaient à leur disposition « plusieurs instruments ». Il a souligné que les décisions étaient principalement de la responsabilité des États membres et devraient être prises « collectivement ». Si l'Ukraine ne respectait pas les principes de la démocratie, l'UE se devrait de réagir de façon très claire, a-t-il assuré. Certains ministres européens ont déjà brandi la menace de sanctions à leur arrivée au Conseil Affaires étrangères du 20 janvier (EUROPE 11000). La prise de sanctions nécessite l'unanimité des États membres.

M. Barroso a appelé « toutes les parties à la retenue » et à « prendre les mesures qui contribueront à faire baisser » la tension. Il a insisté sur « la responsabilité fondamentale des autorités ukrainiennes de prendre les mesures pour calmer la crise et s'engager dans un véritable dialogue avec l'opposition et la société civile sur les moyens de la surmonter ».

Le président du groupe ADLE au PE, Guy Verhofstadt, a appelé l'UE à étendre son offre de médiation, mais il a averti « le régime de Viktor Ianoukovitch que l'UE est prête à aller jusqu'au bout et imposer des sanctions ». « Si les mots de l'UE (…) ont peu ou pas d'effet alors des sanctions ciblées de l'UE devraient être introduites pour forcer Ianoukovitch à arrêter la répression contre des manifestants pacifiques », a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont révoqué le visa de plusieurs Ukrainiens, sans toutefois révéler l'identité et la fonction des personnes concernées. « Nous envisageons d'autres mesures contre les responsables des violences actuelles », a expliqué l'ambassade des États-Unis en Ukraine, sans donner plus d'informations.

Pour la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, « l'utilisation de la force et le recours à la violence ne sont pas une réponse à la crise politique. Tous les actes de violence doivent prendre fin immédiatement et être rapidement étudiés. Les responsables devront rendre des comptes », a-t-elle souligné.

« Profondément préoccupée » par les attaques contre les journalistes et les personnes disparues, Mme Ashton a rappelé que « les droits des citoyens ukrainiens de réunion, la liberté d'expression et les médias doivent être pleinement respectés et protégés ». Au moins une trentaine de journalistes auraient été blessés depuis le 19 janvier.

Mme Ashton a encore demandé au gouvernement et à l'opposition d'« engager un véritable dialogue au plus haut niveau ». « La solution doit répondre aux aspirations du peuple ukrainien », a-t-elle ajouté.

Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a annoncé, le 21 janvier, qu'il se rendrait en Ukraine vendredi 24 janvier (peut-être aussi samedi 25) pour rencontrer des représentants des autorités et de l'opposition ainsi que de la société civile. Une délégation du Parlement européen s'y rendra du 28 au 30 janvier (EUROPE 10998).

À Berlin, Andreas Schockenhoff, vice-président du groupe parlementaire des chrétiens-démocrates allemands, le parti de la chancelière Angela Merkel, a affirmé que l'UE devait « penser à d'éventuelles sanctions ». Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevicius, a lui aussi estimé que « la possibilité d'appliquer des sanctions » n'était « pas exclue si la violence ne cessait pas ». (CG)

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