Bruxelles, 22/01/2014 (Agence Europe) - L'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chizhov, a critiqué, mercredi 22 janvier, les menaces de « possibles actions » de l'UE envers l'Ukraine en raison des violences (voir autre nouvelle). « Le langage envers Kiev ne doit pas être celui des sanctions mais le langage du soutien et de l'assistance », a-t-il expliqué devant des journalistes. « En général, les sanctions ne peuvent être prises que par le Conseil de sécurité des Nations Unies (dont fait partie la Russie) (…) Quelles que soient les mesures prises par les États-Unis ou l'UE, elles ne sont que des mesures unilatérales », a-t-il ajouté.
« Les dramatiques événements sont sources de préoccupations pour la Russie et l'UE. Ce n'est qu'à travers la fin de la violence et des mesures pour amener le pays à un processus politique profond que la situation pourra s'améliorer », a-t-il souligné, espérant et souhaitant que « le peuple ukrainien va faire un choix sobre et sortir de cette crise sans plus de violence ». La violence doit s'arrêter, a-t-il exhorté. Pour lui, la situation a dégénéré avec des clashs entre des groupes extrémistes, nationalistes et les forces de l'ordre. « Ces derniers jours, personne impliqué dans les clashs n'a fait référence aux valeurs européennes », a-t-il souligné, ajoutant que « les leaders de l'opposition ont disparu de la scène ».
Expliquant que les violences qui ont tué deux personnes la nuit du 21 au 22 janvier doivent faire l'objet d'une enquête, il a précisé que « nous n'avons aucune information qui corrobore les accusations selon lesquelles ces personnes ont été tuées par la police ».
M. Chizhov a aussi qualifié d'inacceptable le fait que des pays étrangers puissent demander à l'Ukraine de retirer sa loi sur les manifestations. « Les lois prises démocratiquement doivent être respectées », a-t-il expliqué. L'UE a demandé à ce que cette loi soit révisée (EUROPE 10999).
L'ambassadeur a rappelé que le sommet UE/Russie du 28 janvier ne sera pas « un sommet sur l'Ukraine ». « Nous n'avons pas prévu de discuter de l'Ukraine ou de prendre des décisions sur l'Ukraine dans le dos des Ukrainiens », a-t-il expliqué. Il a rappelé que l'Ukraine avait proposé une discussion trilatérale sur l'accord d'association, que la Russie était d'accord, à l'inverse de l'UE. « Nous verrons si l'UE va changer de position pendant le sommet », a-t-il expliqué.
Le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, avait condamné, le 21 janvier, le soutien « indécent » de certains gouvernements européens à l'opposition. « Nous aurions préféré que certains de nos collègues européens ne se comportent pas avec tant de désinvolture à l'égard de la crise ukrainienne », a-t-il déclaré. (CG)