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Bulletin Quotidien Europe N° 10973
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Viabilité de la dette, l'OCDE conseille d'agir aussitôt que possible

Bruxelles, 28/11/2013 (Agence Europe) - Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, a appelé les Européens à trouver, dès que possible, une solution pour réduire le fardeau de la dette grecque, mercredi 27 novembre à Athènes, alors qu'il venait remettre un rapport de son organisation au Premier ministre, Antonis Samaras. Ledit rapport prévoit une 7ème année de récession en Grèce et une dette colossale jusqu'en 2020, s'inscrivant en faux contre les projections de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI).

« J'espère que j'ai tort et que le ministère (des Finances) a raison », a-t-il déclaré en référence aux prévisions de croissance. Le rapport de l'OCDE table sur une chute du PIB grec de 0,4% en 2014, avant un léger rebond prévu courant 2014. Plus optimiste, la 'troïka' anticipe une croissance de 0,6% du PIB.

L'OCDE brosse également un tableau plus sombre de l'endettement public hellène. Dans son scénario, la dette continuerait d'augmenter jusqu'en 2015 pour retomber à 157% du PIB en 2020. Pour que le canevas de la 'troïka' se matérialise (un ratio dette/PIB de 124% en 2020), selon les hypothèses de l'OCDE, il faudrait que la croissance du PIB grec s'élève à 4,8% par an de 2014 à 2020. « Un tel rythme rapide et soutenu de la croissance est très peu probable », considère néanmoins le rapport.

L'organisation internationale rappelle également que la dette grecque est détenue à 84% par des créditeurs institutionnels. Selon son scénario, l'assistance promise en novembre 2012 par l'eurozone, conditionnée à la réalisation d'un excédent primaire, « devra être suffisamment large pour réduire les incertitudes et raviver la demande ». Rogner les taux d'intérêt et allonger les maturités, modus operandi auquel s'accrochent les Européens, permettrait de réduire les financements de la dette et offrirait à l'économie la bouffée d'air dont elle a besoin pour croître plus vite, estime l'OCDE. « Une demande de plus, et je vais la faire en lettres majuscules: faisons-le aussitôt que possible », a dit M. Gurría.

Les Européens temporisent, préférant attendre qu'Eurostat confirme l'excédent budgétaire primaire de 2013, au printemps 2014. Les discussions pourraient alors commencer en juin, selon les prédictions récentes d'un haut fonctionnaire de l'UE. Mais, avec la perspective des élections européennes en ligne de mire, se soulèvent les craintes de voir le dossier pourrir jusqu'en novembre, au moment où un nouveau collège de commissaires sera nommé.

L'assistance fournie, prévient encore l'OCDE, ne doit en aucun cas être un substitut aux réformes structurelles. L'organisation appelle en effet à une mise en oeuvre totale de ces mesures, en particulier dans le champ des privatisations, de la libéralisation du marché des produits et de l'administration publique. (EL)

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