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Bulletin Quotidien Europe N° 10973
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Füle dénonce les chiffres sur le coût de la signature de l'accord

Vilnius, 28/11/2013 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a démenti, le 28 novembre, lors du business forum du Partenariat oriental, le chiffre de 160 milliards d'euros de coût pour l'Ukraine pour la mise en place de l'accord d'association avec sa zone de libre-échange. « Le chiffre de 160 milliards d'euros cité par certains comme une estimation des coûts d'ajustement qui seraient engagés par l'Ukraine n'est ni proportionné ni crédible », a-t-il indiqué. « Le chiffre, même si on l'étale sur une période de 10 ans, correspondrait à 10% du PIB par an de l'Ukraine en termes de coûts d'ajustement. Cela contredit profondément l'expérience des pays candidats à l'adhésion qui ont adopté l'ensemble de l'acquis de l'UE et où les coûts globaux étaient de quelques points de pourcentage du PIB par an au plus », a-t-il poursuivi.

Le commissaire a aussi exprimé sa déception que le financement nécessaire par les entreprises ukrainiennes pour se moderniser soit considéré « comme un coût plutôt que comme un investissement ». « L'économie ukrainienne a besoin d'énormes investissements, mais ce ne sont pas des coûts », a-t-il ajouté, précisant que les seuls coûts qu'il voit sont ceux de « l'inaction permettant plus la stagnation de l'économie et mettant en danger l'avenir économique et la santé du pays ».

Plus tard, lors du forum sur la société civile, il a ainsi précisé que la signature de l'accord était une « opportunité unique d'inverser la tendance décourageante de la baisse des investissements directs étrangers en Ukraine et de donner une impulsion aux négociations avec le FMI ». « Beaucoup de nouvelles opportunités pour la modernisation et l'investissement que l'accord d'association avec sa zone de libre-échange complet et approfondi aurait apportées à l'Ukraine et ses citoyens seront différés », a-t-il ajouté.

Soulignant les manifestations de soutien à la signature de l'accord en Ukraine, M. Füle, qui devait rencontrer, le 28 novembre, des membres de l'opposition ukrainienne, a expliqué que « les citoyens ont encore montré ces derniers jours qu'ils ont pleinement compris et épousé la nature historique de l'association européenne ». L'ancien président du Parlement européen, Pat Cox, qui a mené la mission du PE en Ukraine, a souligné que de nombreux citoyens à travers le pays, spécialement les jeunes, « veulent embrasser le partenariat comme un tremplin pour leur futur ». Il a précisé qu'ils doivent garder « la porte ouverte, la perspective qu'ils peuvent accomplir ce qu'ils veulent accomplir ».

M. Cox a précisé avoir eu de nombreuses rencontres avec le président ukrainien,Viktor Ianoukovitch, et précisé que ce n'est que la semaine dernière que celui-ci a évoqué la possibilité de suspendre les préparatifs pour la signature de l'accord d'association. « Il n'y a pas de doutes qu'il y a eu des pressions de Moscou, pas de doutes que cela a joué un rôle », a-t-il ajouté.

Trilatérale Barroso-Van Rompuy- Ianoukovitch

Les présidents de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy, devaient rencontrer, le 28 novembre en fin d'après-midi, avant le dîner informel, le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch. Cette rencontre pourrait être une occasion pour M. Ianoukovitch d'expliquer sa position alors que le ministre des Affaires étrangères suédois a mis en avant les « messages incohérents » provenant des autorités ukrainiennes.

Ioulia Timochenko appelle à la signature de l'accord

De son côté, l'ancien Premier ministre, Ioulia Timochenko, a appelé les Européens à signer l'accord lors du sommet si le président fait une nouvelle volte-face et décide de signer. « Si sous la pression des manifestations en Ukraine, Ianoukovitch décide tout de même au dernier moment de signer l'accord (...) je vous demande de signer vendredi sans hésitation et sans conditions, y compris concernant ma propre libération », a-t-elle indiqué dans un message transmis par ses proches. « En signant avec nous un accord, vous aiderez tout un peuple à franchir un fossé de civilisation créé par des idéologies erronées et des empires agressifs », a-t-elle ajouté. (CG)

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