Bruxelles, 28/11/2013 (Agence Europe) - Invité par le Comité économique et social européen (CESE) à un débat sur l'implication de la société civile dans le débat sur le climat, Nicolas Hulot, l'envoyé spécial du président français pour la protection de la planète a plaidé, mercredi 27 novembre, pour une nouvelle gouvernance européenne pour une politique climatique prospective. « On est dans une crise de complexité. On va de crise en crise. La crise est un état permanent. Ce n'est pas la volonté qui fait défaut, mais il y a quelque chose de structurellement vicié car nous sommes à un moment particulier où les enjeux du court et du long terme se confrontent. Le pouvoir s'exerce dans une multiplication d'intérêts particuliers, plus dans la réactivité que dans la prospective ». Selon lui, le CESE doit être la chambre du long terme pour aider le législatif et l'exécutif à combiner les enjeux de court terme et de long terme. « L'accord climatique de Varsovie est loin de créer les conditions d'un succès. On continue à s'habituer au tic tac des bombes à retardement. Si l'on ne change pas, une incroyable bombe économique va impacter nos économies. La France, pour 2015, a besoin des travaux et du soutien du CESE, comme j'ai dit à M. Barroso que la France a besoin que l'Europe affiche une ambition claire pour le climat », a déclaré M. Hulot. Henri Malosse, président du CESE, a renchéri: « Au Parlement, lors du débat sur le CO2 des voitures, je me serais cru au salon de l'auto ! On a une machine folle. J'apprécie la réflexion de Nicolas Hulot sur la gouvernance. Il faut qu'on distingue le court terme du long terme, il faut penser intérêt général. Je plaide pour une réforme du CESE pour qu'il devienne l'assemblée du temps long, l'assemblée anti-lobby », a-t-il déclaré à la presse. (AN)