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Bulletin Quotidien Europe N° 10973
Sommaire Publication complète Par article 29 / 36
INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Après les élections, « nous ne nous ferons pas acheter pour rien en échange » (Graham Watson)

Bruxelles, 28/11/2013 (Agence Europe) - Le parti des démocrates et des libéraux européens (ADLE) tient, du jeudi 28 au samedi 30 novembre à Londres, son congrès annuel. Le président du parti, Graham Watson, en explique les enjeux, lui qui devrait être réélu à la présidence du parti ce week-end mais qui ne se trouve pas forcément en position facile dans sa circonscription (propos recueillis par SP).

Agence Europe: Que va-t-il se passer pendant ce Congrès londonien ? Quels sont les thèmes que le parti ADLE veut porter pour les élections européennes ?

Graham Watson: Le Congrès, c'est un peu la fête des libéraux et nous attendons cette année plus de 1000 délégués. Notre tâche principale sera d'adopter notre 'Manifeste' et de lancer les nominations pour le poste de président de la Commission européenne, processus qui se terminera en février. Deux candidats se sont déjà déclarés, Olli Rehn et Guy Verhofstadt, mais je n'exclus pas d'autres candidatures, féminines par exemple. Ce sera pour chaque candidat l'occasion de se présenter et de dialoguer avec les représentants des divers partis. Quant aux débats qu'il faudra avoir, ce sont tous les défis supranationaux qui se posent aujourd'hui comme la survie de l'UE dans une économie globale, le changement climatique, les défis d'une population mondiale en forte croissance, les flux migratoires ou encore la criminalité internationale. L'Europe, il me semble, n'est nulle part sur ces questions. Par exemple, on n'arrive même pas à donner à Frontex de vrais moyens et on en fait trop peu sur le climat. L'un des messages que l'on veut envoyer aussi c'est de travailler dans les États membres afin d'obtenir la même part de commissaires qu'aujourd'hui, avec 8 membres sur 28.

En ce qui concerne les deux candidats déjà déclarés, l'un a-t-il selon vous plus de chances de l'emporter en février ?

Non et je ne veux même pas deviner le résultat en ce moment. Je note en tout cas une différence avec les dernières élections, où l'on avait pu percevoir une certaine compétition entre tenants d'un libéralisme économique et tenants d'un libéralisme social. Il me semble aujourd'hui que si ces deux candidats sont tous deux en faveur de la construction de l'Europe, Guy Verhofstadt veut aller un peu plus vite qu'Olli Rehn. Et il me semble que ce sera décidé sur cette base là. Nous verrons, au moment d'adopter les amendements de notre manifeste ce samedi, quel courant émerge. Cela nous donnera une idée du candidat qui sera retenu en février.

Pensez-vous comme certains, par exemple le ministre néerlandais des Affaires étrangères, que la Commission devra être réformée à terme ?

En la matière, il y a beaucoup de slogans d'hommes politiques. Mais je crois en effet qu'on pourrait envisager une gestion plus efficace de la Commission. Il n'y a sûrement pas assez de travail pour 28 commissaires, c'est clair. Donc il faut réorganiser la Commission, peut-être dans des départements plus grands avec un 'senior commissionner' et 2/3 'junior commissionner'. Notre Manifeste n'ira pas dans ce niveau de détails quoi qu'il en soit, mais abordera sans doute cette question. Mais il y a d'autres réformes pour le Parlement européen aussi. Aujourd'hui, les élections européennes, cela reste encore 28 élections nationales. On n'a aucun député élu sur une liste supranationale. Même si on faisait élire 5% des députés sur de telles listes, on donnerait déjà aux citoyens une idée de l'Europe.

Pensez-vous qu'un candidat libéral pourrait obtenir la présidence de la Commission ?

Je vois avec difficulté que nous pourrions être dans cette position, mais il y aura probablement besoin après les élections d'une coalition, peut-être même entre les trois principaux partis pour être sûrs de passer la législation. Dans ces conditions, il faudra alors que les libéraux reçoivent une certaine reconnaissance. Imaginons que le président de la Commission vienne du PPE, le Haut représentant du PSE, il faudra bien trouver un poste pour les libéraux. On ne se fera pas acheter pour rien en échange.

Comment appréhendez-vous les élections de mai 2014 pour vos troupes au Parlement ? Que vous inspire la claque que les électeurs allemands ont infligée au FDP en septembre dernier ?

Il y a six mois, j'étais très pessimiste ; je le suis un petit peu moins aujourd'hui. Je pense évidemment que nous subirons des pertes, mais ce ne sera pas le cataclysme que certains ont prédit. En revanche, je m'attends à un Parlement avec plus d'extrémistes ; je ne le souhaite pas, mais il n'est pas impossible qu'ils représentent 20% des députés. Tous les partis traditionnels vont subir des pertes. Quant au FDP, c'est un exemple particulier. La campagne a été mauvaise. Mais plusieurs élections récentes, comme au Luxembourg, ont été favorables aux libéraux.

Comment les appréhendez-vous à titre personnel ?

Je suis candidat sur la liste Sud-Ouest de l'Angleterre. Je serai tête de liste, mais c'est vrai que je serai contesté cette fois, ce sera difficile avec la percée des indépendantistes de l'UKIP. J'espère être réélu. J'aurai besoin de presque 17% des voix, car il n'y a que six députés dans ma circonscription. J'espère bien être réélu et poursuivre également à la présidence du parti en présidant la campagne. Le congrès devrait me réélire président ce week-end. Et je continuerai cette mission, même si je ne suis pas réélu député.

 

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