Bruxelles, 25/11/2013 (Agence Europe) - Les présidents de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ont souligné que l'offre de signature d'un accord « sans précédent » d'association et d'une zone de libre échange « complet et approfondi » avec l'Ukraine était « toujours sur la table », lundi 25 novembre dans une déclaration conjointe, quatre jours après que le gouvernement ukrainien a décidé de suspendre de tels préparatifs, jeudi 21 novembre (EUROPE 10968).
« Cela requiert la volonté politique nécessaire des dirigeants ukrainiens, une action déterminée et des progrès tangibles sur les conditions énoncées en décembre 2012 », ont précisé les deux dirigeants européens, ajoutant que de nombreux progrès avaient déjà été faits. « L'UE se tient prête à être plus ouverte et plus favorable à ceux qui sont prêts à s'engager dans des réformes et la modernisation », ont il ajouté.
Déjà, le 23 novembre, le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a expliqué que « l'UE sera prête à reprendre les préparatifs pour la signature de l'accord d'association dès que l'Ukraine sera prête à reprendre son chemin vers l'association politique et l'intégration économique avec l'UE ». Selon lui, « la porte de la signature de l'accord d'association reste ouverte pour l'avenir, une fois les conditions réunies ». « L'engagement de l'UE à mettre les relations entre l'UE et Ukraine à un nouveau niveau (…) reste ferme », a ajouté M. Füle dans une tribune dans l'hebdomadaire ukrainien Zerkalo nedelyi.
« Conscients » de la pression subie par le pays, MM. Barroso et Van Rompuy estiment que « les considérations à court terme ne devraient pas outrepasser les avantages à long terme que ce partenariat apportera ». « L'Union européenne ne forcera pas l'Ukraine, ou tout autre partenaire, à choisir entre l'UE ou tout autre entité régionale. C'est à l'Ukraine de décider librement le type d'engagement qu'elle cherche avec l'UE », ont-ils ajouté. Les deux présidents ont ainsi désapprouvé « fortement » la position de la Russie et ses mesures, rappelant une nouvelle fois que des relations plus étroites avec l'UE ne se lient pas au détriment des relations entretenues avec d'autres partenaires. L'accord d'association et de libre échange sont « des opportunités pour accompagner nos voisins communs vers des démocraties modernes, plus prospères et fondées sur l'état de droit », ont-ils ajouté.
Pour MM. Van Rompuy et Barroso, le sommet du Partenariat oriental, qui se tiendra à Vilnius les jeudi 28 et vendredi 29 novembre, sera un « un moment important pour faire le bilan de la situation et faire avancer les relations avec nos partenaires de l'Est ».
100 000 Ukrainiens dans la rue
De 20 à 100 000 Ukrainiens ont protesté, le 23 novembre à Kiev, contre la décision de leur gouvernement de suspendre la préparation de l'accord d'association avec l'UE et manifesté leur sentiment pro-UE. « Les citoyens ukrainiens ont de nouveau montré ces derniers jours qu'ils comprennent pleinement et embrassent la nature historique de l'association européenne », ont expliqué MM. Barroso et Van Rompuy.
En revanche, l'Union des industriels et entrepreneurs ukrainiens soutient la décision de suspendre la signature des accords. En signant « imprudemment l'accord d'association, l'Ukraine pourrait payer trop cher sous forme de réduction de la production, de fermetures d'entreprises et de pertes d'emplois », estime-t-elle. Et si dans son communiqué du 23 novembre elle a exhorté le gouvernement ukrainien à agir pour rétablir et augmenter le volume de la coopération économique, commercial et industriel avec la Russie et d'autres pays de la CEI, elle demande quand même à ce que la politique d'intégration européenne ne soit pas limitée. (CG)