Bruxelles, 24/10/2013 (Agence Europe) - Des eurodéputés ont insisté, jeudi 24 octobre à Strasbourg, sur l'importance de la qualité des vins européens et des mesures de promotion, après la réforme radicale de 2008.
À l'origine de la question orale, Astrid Lulling (PPE, luxembourgeoise) a déclaré que le PE aurait souhaité présenter un rapport sur l'avenir du secteur du vin après la réforme en 2008. Mais la demande de rapport n'a pas été présentée dans les délais, donc le PE s'est contenté d'une question orale à la Commission.
« Nous ne voulons pas d'une nouvelle réforme du secteur du vin, nous voulons étendre les mesures de promotion. Il faut foutre la paix aux viticulteurs », a lancé Mme Lulling. Elle a parlé d'une réforme en 2008 « ultra libérale » portée par la commissaire précédente, Mme Fischer Boel (arrachage, suppression des droits de plantation, fin des mécanismes d'intervention). Entre 2008 et 2011, 4,6% des surfaces viticoles ont été arrachées. Le potentiel de production a été réduit de 10 millions d'hectolitres par rapport à l'année 2008, et cet arrachage de 161 200 hectares a coûté 1,24 milliard d'euros, a rappelé Mme Lulling. Le système des droits de plantation sera remplacé par un système d'autorisation des plantations (grâce aux décisions sur la réforme de la PAC post-2013). 63% de la production de vins européens (103 millions d'hl) sont produits sous AOP et IGP et 31% sont sans indication géographique. Sur les pratiques oenologiques, Mme Lulling s'oppose à ce que davantage de compétences soient déléguées à la Commission sous forme d'actes délégués. La bonne nouvelle, c'est que les 7,5% des subventions à hauteur de 2,8 milliards d'euros utilisées pour la promotion des vins européens sur les marchés non communautaires ont porté leurs fruits. En effet, la quantité totale des exportations a augmenté de 22% (de 17,9 millions d'hl à 22,8 millions) et la valeur de ces exportations à augmenté de 36%. Les importations ont augmenté de 5% mais la valeur a diminué de 2,7 à 2,4 milliards d'euros (64% de ces importations sont à destination du Royaume-Uni et de l'Allemagne). 33% des vins communautaires sont commercialisés entre les pays de l'UE, a noté Mme Lulling.
« Non, la Commission européenne n'envisage pas une autre réforme du secteur viticole. Oui, le secteur viticole a besoin de pouvoir travailler et d'assurer la mise en oeuvre de ce qui existe », a déclaré Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture. Selon lui, l'évaluation initiale de la réforme de 2008 est « jusqu'à présent plutôt positive ». La production en général a diminué dans l'UE de 165 millions d'hl. Les stocks diminuent et les exportations de l'UE vers les pays tiers progressent tant en volume (15% de la production de l'UE en 2012, 23 millions d'hl) qu'en valeur. « Le vin européen tire comme une locomotive d'autres secteurs de l'industrie alimentaire sur des marchés internationaux », a dit M. Ciolos. « Nous allons utiliser ces aspects dans le nouveau programme de promotion, le nouveau règlement que nous allons bientôt vous proposer pour renforcer la promotion agroalimentaire européenne, et j'espère que le vin en bénéficiera », a-t-il ajouté.
Au nom du PPE, Michel Dantin (PPE, français) a estimé que le secteur est « assez bien organisé », mais il faut qu'il s'empare des outils en termes d'organisations de producteurs et d'interprofession. Il a demandé à la Commission de lancer des campagnes d'information sur « les signes de qualité ». Il faut que la qualité soit renforcée et reconnue, a-t-il dit. Les mesures de promotion doivent, selon M. Dantin, renforcer une consommation responsable notamment dans les nouveaux pays consommateurs de vin.
Pour Paolo De Castro (S&D, italien), il faut créer un secteur fondé sur des règles claires, simples et efficaces. Sylvie Goulard (ADLE, française) a insisté sur l'importance de la qualité et celle des accords de libre-échange. Sur ce dernier point, « nous avons une bataille à livrer ». Elle souhaite que l'accord de libre-échange avec les États-Unis « permette la défense de toutes les appellations et des indications géographiques protégées qui, comme plusieurs collègues l'ont rappelé, constituent le véritable fer de lance de nos exportations ». (LC)