Bruxelles, 24/10/2013 (Agence Europe) - Réunis trois semaines après la catastrophe survenue au large de Lampedusa qui a tué plus de 350 migrants, les dirigeants européens devraient tenter, ce vendredi, de donner quelques gages aux pays du sud de l'Europe, soucieux d'obtenir des mesures de solidarité concrète, comme aux eurodéputés qui leur ont demandé, mercredi dans une résolution, de tout faire pour éviter que ne se reproduisent ces tragédies. Quelques gages mais pas forcément d'engagements précis, aucun montant financier n'étant ainsi évoqué pour renforcer l'agence Frontex.
La pression exercée ces derniers jours par sept pays, notamment l'Espagne, l'Italie, Malte, Chypre ou encore la Grèce qui ont demandé une stratégie claire sur l'immigration, aura peut-être fonctionné, les dernières conclusions en circulation accordant en effet un peu plus de place à ce sujet. Sur le fond, les États membres remettent toujours au Conseil européen de juin 2014 la discussion globale sur les politiques migratoires de l'UE mais ils reprennent quelques demandes des pays du sud, telles que le fait de « s'attaquer aux causes profondes des flux migratoires » en renforçant la coopération avec les pays d'origine et de transit, « notamment par le soutien approprié de l'UE en matière de développement ».
Le Conseil appelle aussi à une mise en oeuvre rapide d'Eurosur. Une référence est faite aussi aux annonces du président français, François Hollande, au lendemain du naufrage de Lampedusa: la task force pour la Méditerranée récemment mise en place devra identifier d'ici à décembre les « actions prioritaires » sur la base des principes de « prévention, protection et de solidarité » permettant « une utilisation plus efficace des politiques et instruments européens ». Un rapport sera préparé pour le Conseil de décembre.
Des engagements peut-être un peu trop flous pour les députés, dont la résolution a demandé mercredi des actions précises pour éviter que ne soit criminalisée dans certains États membres l'assistance (en mer) apportée à des migrants en détresse, pour mettre en place une « garde-côtière européenne » ou encore pour développer les voies possibles de migration légale. (SP)