Bruxelles, 24/10/2013 (Agence Europe) - L'Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI) propose que les donateurs et les bénéficiaires d'aide humanitaire publient les informations relatives à l'aide humanitaire en tant que données ouvertes, soumises à un audit indépendant et disponibles sur Internet, a annoncé la Cour des comptes de l'UE, jeudi 24 octobre, qui juge cette initiative salutaire tant pour les destinataires de l'aide que pour les contribuables. Cette initiative, baptisée IFAF (Integrated Financial Accountability Framework - cadre intégré de reddition des comptes en matière de finances) devrait être adoptée sous peu lors du congrès mondial de l'INTOSAI à Pékin (21-26 octobre).
« Les victimes d'une catastrophe veulent une aide transparente et efficace. Il en va de même des contribuables des pays donateurs. Cette initiative leur permet de suivre le parcours des fonds », explique Gijs de Vries, membre de la Cour des comptes de l'UE qui préside le groupe de travail de l'INTOSAI chargé de l'élaboration de cette initiative visant à améliorer la transparence, l'obligation de rendre compte et l'efficacité de l'aide humanitaire. La Commission européenne, qui a déjà testé l'IFAF, a d'ores et déjà annoncé qu'elle ferait usage de cet instrument.
Le cadre intégré de reddition des comptes en matière de finances vise à aider les fournisseurs (donateurs et organisations multilatérales impliquées dans l'acheminement de fonds) et les bénéficiaires d'aide humanitaire à déterminer, à clarifier et à simplifier le flux de l'aide entre les différents acteurs. Il facilitera l'évaluation de l'efficacité de l'aide et permettra de réduire les formalités administratives incombant aux organismes chargés de distribuer l'aide. Chaque fournisseur et bénéficiaire (« partie prenante ») d'aide humanitaire est invité à produire un tableau en utilisant des données facilement accessibles qui montrent l'origine des fonds, leur destinataire ainsi que leur affectation. Ces tableaux IFAF devraient être audités en même temps que les autres rapports financiers. L'adhésion de toutes les parties prenantes à ce système permet le rapprochement de leurs balances et l'obtention d'une vision globale des flux de l'aide humanitaire entre entités donatrices et bénéficiaires. Une fois les tableaux IFAF contrôlés, les parties prenantes les publient sur Internet, avec les déclarations correspondantes des auditeurs, en tant que données ouvertes.
Plus de 160 gouvernements et organisations publient déjà des informations relatives à l'aide au développement par l'intermédiaire de l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide (IITA). L'IFAF a été conçu pour être intégré à l'IITA sous forme de module. Le cadre a été testé par plusieurs organisations des Nations unies, par la Commission européenne, par un gouvernement et par des ONG. (AN)