Bruxelles/Luxembourg, 21/10/2013 (Agence Europe) - Aung San Suu Kyi, la députée birmane prix Nobel de la Paix, a appelé, le 19 octobre, l'UE à faire tout ce qu'elle peut pour que le gouvernement et tous ceux qui jouent un rôle important dans le processus d'amendement de la constitution, dont l'armée, comprennent que la Birmanie ne pourra pas être considérée comme sérieuse dans son processus de réformes sans des amendements à la constitution. « Je voudrais que le monde se rende compte que sans les amendements, nous n'aurons jamais une société démocratique. La communauté internationale doit soutenir les aspirations du peuple en soutenant les amendements », a-t-elle expliqué lors de son point presse avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Mme Aung San Suu Kyi a martelé qu'il est « crucial » d'amender la constitution au plus vite. Elle a précisé que, d'ici la fin de l'année, la commission légale doit soumettre ses idées. Selon elle, la liberté et l'équité des élections (les prochaines ont lieu en 2015), mais aussi l'état de droit, dépendent de ces amendements et que, sans cela, il ne sera pas possible d'atteindre les normes démocratiques, avec une justice indépendante de l'exécutif et un équilibre entre le judicaire, l'exécutif et le législatif.
M. Barroso a expliqué que l'UE va « travailler avec les autorités du Myanmar pour veiller à ce que les élections de 2015 soient crédibles, transparentes et inclusives », et précisé qu'elle est prête à envoyer une mission électorale si les autorités le demandent.
Mme Aung San Suu Kyi a considéré que la réconciliation nationale dépend aussi de l'état de droit, et que, sans cela, les gens ne se verront pas égaux les uns avec les autres et ne pourront pas vivre en paix. Interrogée sur la minorité Rohingyas, l'une des plus persécutées au monde selon les Nations unies, et sur ce qu'elle compte faire pour l'aider, la Prix Nobel est restée floue. Précisant qu'il y a de nombreux problèmes avec diverses vues, races et religions, elle a esimé que « nous devons tous commencer à essayer de se comprendre l'un l'autre ». « Je voudrais demander à la communauté internationale de nous aider à atteindre la réconciliation plutôt que de nous séparer en essayant d'encourager la condamnation d'une communauté par une autre », a-t-elle ajouté. M. Barroso a rappelé que l'UE soutient la paix et la réconciliation interethnique à travers, entre autres, le Centre pour la paix. Il a aussi annoncé que l'Union va commencer à assurer le renforcement des capacités de la police du Myanmar sur la gestion de la foule et le maintien de l'ordre communautaire.
Le président de la Commission a rappelé que l'UE allait continuer à jouer un rôle « de premier plan » dans la poursuite du processus de réforme politique et économique, rappelant que la coopération UE-Birmanie a progressé en termes de développement, d'aide humanitaire, de commerce et d'investissement. Une task force UE-Birmanie est prévue pour novembre.
Mme Aung Sann Suu Kyi a rencontré, le 21 octobre à Luxembourg, au cours du déjeuner du Conseil, les ministres des Affaires étrangères pour discuter du soutien de l'UE à la transition en Birmanie. Elle s'est ensuite rendue à Strasbourg pour recevoir, le 22 octobre, son prix Sakharov, qui lui a été attribué en 1990. (CG)