Bruxelles, 21/10/2013 (Agence Europe) - L'innovation c'est bien, mais pour la relance d'une économie européenne plus résiliente et pour des sociétés plus efficaces dans les limites de la planète, l'innovation durable c'est mieux. À quelques jours du Conseil européen des 24 et 25 octobre qui fera la part belle à la promotion de l'innovation comme facteur indispensable à une croissance économique durable de l'UE (EUROPE 10944), un collectif d'ONG environnementales de l'UE rassemblant plus de 20 millions de membres en Europe a lancé, lundi 21 octobre, un appel aux dirigeants de l'UE pour qu'ils promeuvent l'innovation durable au plus haut niveau politique. Une exigence qui, selon ce collectif, repose sur trois piliers: adopter une acception plus large du concept d'innovation pour ne pas le limiter aux seuls produits, mais l'étendre aux processus, aux technologies, la science et la finance ; stimuler le rôle des politiques publiques clairement orientées sans lesquelles les grandes entreprises peuvent utiliser leur poids pour bloquer l'innovation ; utiliser largement le principe de précaution, cet excellent moteur de l'innovation qui « exige des hommes politiques qu'ils agissent, alors que différer l'action se révèle à long terme plus coûteux pour la société et la nature ». C'est le message essentiel exprimé par ces ONG dans une lettre commune adressée conjointement au président du Parlement européen, Martin Schulz, au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
« L'Union européenne est confrontée à des défis économiques gigantesques dont l'épuisement des ressources naturelles et l'augmentation des dépenses liées à la pollution et à son cortège de problèmes de santé connexes. Le statu quo détruit les fondations naturelles dont nos économies et nos sociétés dépendent, in fine. Si nous ne prenons pas de nouvelles mesures, la dégradation de la nature coûtera 1 000 milliards d'euros par an d'ici à 2050. C'est pourquoi, nos organisations soutiennent la recherche, le développement et l'application des technologies et des pratiques durables et efficaces dans l'utilisation des ressources », expliquent les signataires.
Ils se disent très préoccupés par la communication récente de la Commission sur le programme REFIT (Regulatory fitness) qui vise à simplifier le cadre réglementaire mais dont l'orientation risque, selon eux, d'accélérer un recul de la législation et de la politique environnementale. « Les normes et politiques environnementales pour améliorer l'efficacité des ressources sont des instruments essentiels pour sauvegarder les ressources naturelles et pour fournir des avantages économiques et de santé publique essentiels à la création d'emplois et au développement économique ».
Ont signé cette lettre les directeurs de BirdLife International, de CAN Europe (Climate Action Network Europe), de CEE Bankwatch Network, du Bureau européen de l'Environnement (BEE), de Friends of the Earth Europe, du bureau européen de Greenpeacee et de Health & Environment. (AN)